Pfiou. Après une bonne semaine au bord de la mer, me revoilà. En ce moment, je suis dans une vraie phase zigzag. Des espoirs et de bons plongeons derrière. Alors que s’est-il passé ?
Mes vacances débutaient tranquillement lorsque je découvre que l’un de mes articles diffusé est totalement modifié. Je tombe des nues. S’il est normal qu’un rédac chef repasse derrière pour améliorer la forme d’un papier, concernant le fond, je pense qu’il y a des limites à ne pas franchir. Et là, c’était grave. Il a tout simplement mis des guillemets et inventé des phrases à mes interlocuteurs. Tranquillou. Un truc pareil ne pouvait donc pas attendre mon retour. Je l’appelle illico et après qu’il m’ait expliqué que sa démarche était justifiée par la « compréhension du texte » (j’ai dû écrire en chinois), il a accepté de se rapprocher de mon texte initial. Je dis « se rapprocher » car dans ce milieu, même si ton texte est nickel chrome, les rédacs ne peuvent s’empêcher de le modifier tout de même un peu, histoire de dire qu’ils bossent mieux.
De retour à Paris, un rendez-vous avec un rédac chef fraîchement nommé m’attendait. Ancienne stagiaire de sa rédaction, nous avions perdu contact suite à un différend avec son prédécesseur, que nous appellerons « le fumier ». En termes clairs, ce fumier m’avait commandé un article qu’il avait ensuite refusé de payer. A l’époque, cette histoire m’avait vraiment secouée. Mais en allant à ce RDV, je me suis rendue compte que j’ai finalement eu beaucoup de chance, car le journaliste promu m’a annoncé que j’étais loin d’être la seule : le fumier a commandé des papiers de 20 feuillets à des tas de journalistes sans les payer. Aujourd’hui encore, le journal a des difficultés pour rembourser les dettes qu’il leur a laissées. Du coup, j’ai eu de la chance que cet incident stoppe notre collaboration dès le début, plutôt que je me sois engagée dans des dossiers sans fin et sans rémunération. En tous les cas, le fumier s’est purement et simplement fait virer au bout de 8 mois de boulot. On paie toujours tôt ou tard le mal que l’on fait aux autres.
Mais revenons à ce RDV avec son successeur. J’étais contente, je me suis dit que cela pouvait être un bon plan pour tirer des piges régulières. Bon… J’avoue que j’ai bien pensé une seconde : oui il est jeune, oui il avait l’air très motivé pour qu’on se voit alors que d’habitude les rédacs chefs nous crachent limite à la gueule, oui il me semble qu’il n’est pas marié… Mais tututut ! Que nenni, attends, t’as super bien bossé pour eux, il a aimé ton boulot et il a envie que tu piges pour eux. Oui mais t’as vu comme il a répondu avec enthousiasme à ta proposition d’article ? Et il te propose un verre direct en plus alors que t’as rien demandé… Pfff ! Toujours les idées mal placées toi ! Attends, c’est un rédac chef, donc il est normal qu’il soit aware sur les nouveaux sujets, et je te re-signale que tu as super bien bossé pour eux. Il te propose un RDV le dimanche, tu trouves ça normal toi ? Ouais ben sache que dans ce milieu, y’a pas d’horaires ! Si tu ne le sais pas, change de métier cocotte. Ok, ok, t’énerve pas…
C’est suite à ce conflit intérieur que je me pointe le jour J. Verre, discussion, boulot, rires, nouvelles, proposition d’articles, tout est cool. Sauf que je note quelques questions visant à en savoir plus sur ma vie perso, ou sur un éventuel petit ami. Mais bon, c’est pas parce qu’on te demande si tu vis toujours au même endroit, avec qui tu vas voir le match de ce soir… que ça veut dire que. Ouais, ouais c’est ça ouais… TA GUEULE ! Je dois avouer que j’arrivais bien à faire taire ma petite voix interne, jusqu’au moment où on s’est quittés. Moment bizarre de fixation intense, où là en partant… Ah Ah C’EST A MOI QUE TU DIS TA GUEULE… Putain…
Le lendemain, un sms a définitivement donné victoire à mon intuition irrépressible : hello, je vais au ciné ce soir, ça te dis ?
Et voilà comment on fait un saut périlleux de l’Empire state building. On passe de « waouh, piges en perspectives, donc pognon, donc carte de presse donc belle vie » à « waouh, pas de ciné, donc rateau, donc vexation intense donc adieu les piges, donc retour à la case départ ».
Ta petite voix interne a été de bons conseils. Courage pour la suite.
Oui, comme quoi, il faut savoir s’écouter ! même si ce qu’elle a à nous dire nous déplaît sur le moment
J’ai adoré la façon dont avais écrit ce billet ! Je bataille souvent, comme toi, avec ma voix interne et je me plante chaque fois que je ne l’écoute pas…
Tu as parlé avec lui depuis ce sms ?
et oui, on est tous confrontés à elle cette pitite voix que l’on refoule mais qui voit tout et revient au bon moment pour dire “je te l’avais bien dit !”

Alors, depuis ce sms, à nouveau, je me suis retrouvée face à un dilemne. Que dire ? Répondre avec autant d’entrain qu’au début, et en me contentant de décliner en prétextant autre chose. Point positif : garder mon plan boulot, mais BIG point négatif : il risque de reproposer autre chose derrière, et de toute manière, cette ambiguité ne fait jamais bon ménage dans le travail. Moi, je veux bosser, mais la promotion canapé, pas trop.
Deuxième solution : être clair. Donc perdre le boulot, mais tanpis.
J’ai finalement opté pour la seconde solution. Je lui ai répondu par un sms correct mais clair du genre “merci pour la proposition, mais je suis prise ce soir, à une prochaine bye”. Depuis, plus de news. Maintenant, je vais quand même lui envoyer mes propositions dont nous avions parlé, l’air de rien, on ne sait jamais après tout… Mais ma petite voix interne me murmure que je suis dupe là… lol
Tu as raison de tenter le coup. Il peut très bien savoir faire la part des choses entre ses désirs intimes et le boulot.
Peut-être que oui, peut-être que non. En tout cas, faut tenter. Tu nous tiens au courant ?
yes
à suivre…