La revue de presse de Dalyna











{février 12, 2008}   Un racisme (extra)ordinaire

Je voudrais aborder un sujet très important pour moi, mais en même temps, je ressens un certaine réticence à le faire. Cela provient de la façon dont pourront être interprétés mes dires. Pourtant, je vais tout de même m’essayer à cette tâche car cette situation me prend aux tripes. Cet article me vaudra sans doute des critiques, mais qu’importe, chacun en pensera ce qu’il voudra, l’essentiel étant pour moi de livrer ce que j’ai sur le cœur.

Tout le monde connaît le racisme de base, bête et méchant, qui pousse une personne à en haïr une autre non pas pour ce qu’elle fait, mais juste pour ce qu’elle est. Dans nos sociétés occidentales, les premières victimes sont souvent des personnes de couleur ou ayant des origines maghrébines, turques, tsiganes et autres… En bref, les personnes d’une autre confession et/ou d’une autre couleur de peau que l’image immaculée du blanc. Avant de poursuivre, je tiens à insister sur le caractère nauséabond du racisme en général, qui est et demeure pour moi ce qui existe de plus détestable chez l’Homme, puisqu’il a inspiré les pires horreurs que l’Humanité ait connue : l’esclavage, la colonisation, la shoah, et la plupart des guerres que le monde connaît.

Cela étant dit, en parallèle de ce racisme là, il en existe un autre dont personne ne parle jamais. Disons que cela n’est pas politiquement correct et que nous nous imaginons sans doute à tort que le simple fait de le mettre en lumière risquerait de faire de l’ombre au « racisme traditionnel » que nous connaissons tous, c’est-à-dire du blanc envers le noir. Or, il en existe une autre forme. Je n’irais pas jusqu’à reprendre l’expression « racisme anti blanc » dont nous avons été bassinés à l’époque des manifestations anti CPE, mais c’est tout comme.

Je suis d’origine berbère. Mes deux parents viennent de Kabylie, une belle région de l’Algérie. Mes deux grands pères ont travaillé près de quarante ans en France et mes parents sont arrivés ici dans les années 70. Ma fratrie et moi sommes tous français. Nous avons été éduqués dans des valeurs de respect de l’autre, de tolérance et d’honnêteté. Il y a souvent quelque chose de très droit chez les kabyles, réputés pour éduquer leurs enfants à la dure. Pour eux, mieux vaut trop honnête que pas assez.

Aujourd’hui, j’ai 27 ans et j’ai rencontré l’homme de ma vie en la personne d’un français dit de souche. Si dans nos familles, cela a été bien accepté, étrangement nous subissons en revanche de la part d’inconnus des pressions incompréhensibles et désagréables au quotidien. C’est devenu une routine : quasiment à chaque balade, des regards noirs de haine dans notre direction et des phrases insultantes à mon égard, la « pute » qui sort avec un français. Vous l’aurez compris, ces regards inquisiteurs proviennent des premières victimes du racisme en France, de celles qui si souvent s’évertuent à dénoncer cette abomination mais tout en agissant de la même manière en retour : des arabes ou français d’origine arabe. Ils ne tolèrent pas de voir un blanc « voler » une femme de leur tribu. Sauf que nous ne sommes ni de la même tribu, ni de la même espèce. Je n’ai rien de comparable de près ou de loin avec ce type d’individus et leur mentalité.

Parfois, ils ne se contentent pas de nous regarder de travers. En effet, ce 31 décembre 2007, cela a bien failli dégénérer. Alors que mon ami et moi nous dirigions tranquillement vers la gare rejoindre des amis pour réveillonner, deux individus croisent notre route. Si mon ami m’affirmera plus tard avoir croisé leurs regards emplis de haine à notre égard, personnellement je ne les ais même pas vus… Du moins, jusqu’à ce que l’un d’eux me glisse à l’oreille un vulgaire « grosse pute ». L’espace d’une seconde, j’ai l’impression d’avoir halluciné tant cette insulte me choque profondément et me semble totalement injustifiée. Je me retourne et là, je m’aperçois que ce n’est ni un délire ni une erreur. Le grossier personnage se retourne également, affichant un visage plein de mépris à mon égard. Je le vois s’agiter dans tous les sens et même si je n’entends pas ce qu’il dit car il s’éloigne, je devine bien que ce ne sont pas des mots doux. Blême, et bien qu’étant blessée de cette violence gratuite, je poursuis néanmoins ma route, accrochée au bras de mon ami qui est tout aussi outré. Tout en avançant vers l’escalator, je peine à me calmer. Je me retourne une dernière fois, et là, il me fait carrément un bras d’honneur. Intérieurement, je brûle et je ne peux plus contenir. Je lui hurle que s’il a un problème, qu’il vienne me le dire. Prenant un air de Rambo, il accourt vers nous pensant sans doute que la panique allait nous gagner et que nous allions vite décamper. Or, je ne bougerais pour rien au monde après ce que j’ai entendu. Enragée par l’insupportable injustice dont nous sommes victimes, et sous l’emprise d’une force inébranlable, je suis prête à lui rentrer dans le lard, qu’il souffre, qu’il meurt sur le champ. Impossible d’oublier et de tracer ma route après ces propos. Arrivé devant moi, nos visages se touchent quasiment, et il m’explique alors dans une rage non contenue ce qui me vaut cette charmante insulte : « Tu sors avec un français, t’es une pute, tu te fais baiser… ». Formidable. Ne maitrisant visiblement pas la langue française, je devine qu’il vient tout juste de débarquer. En revanche, les insultes et les obscénités n’ont aucun secret pour lui. Cela fuse, et très vite, je le rejoins dans cette surenchère. Je lui hurle mon dégoût et je l’insulte à mon tour. Après quelques péripéties qu’il est inutile d’énumérer, il repartira finalement comme un il est venu, c’est-à-dire un chien galeux étouffé de frustration. Il mimera du bas de l’escalator des gestes sexuels, et pour le faire éclater de rage, je conclus en lui confirmant que c’est bel et bien ce que je ferais à mon mec que cela lui plaise ou non.

Cet épisode n’a pas gâché ma soirée, mais il m’a réellement perturbée et continue de me revenir en tête lorsque je m’aperçois de jour en jour que ce n’est pas une anecdote isolée, loin de là. Samedi dernier encore, nous croisions deux personnages qui nous regardent de travers et qui, arrivés à notre hauteur, expriment un provocant « les meufs comme ça… ». Si dans le cas précédent, cela concernait un étranger, cette fois-ci, ce fût bel et bien un français d’origine maghrébine. Et cela continue, encore et encore…

Je ne peux exprimer la révolte qui est en moi dans ces moments là. On me condamne parce que j’aime un homme d’une autre origine que la mienne. Je ne me retrouve pas dans ces mœurs et je suis choquée que cela arrive en France en 2008. Si j’ai hésité à poster sur ce sujet, c’est parce que je suis bien consciente que ces histoires sont les plus propices à être récupérées par les fascistes, quels que soient leurs bords : voilà une histoire qui régalera à la fois Le Pen et Sarkozy qui assimilent tous les étrangers à des personnes ne souhaitant pas s’intégrer, comme les extrémistes islamistes proches du discours des horreurs qui croisent ma route au quotidien pour me taxer de « fille qui renie ses origines ». Je renierais mes origines parce que je veux dire la vérité ? Au contraire, je les aime trop pour accepter qu’elles soient assimilées à des comportements pareils, et les dénoncer me semble aujourd’hui plus qu’urgent. Quant à la thèse de Le Pen qui voudrait associer ces comportements à un problème culturel est d’une débilité profonde. Ma famille et la majorité des personnes d’origine étrangère qui vivent en harmonie avec les autres en sont la preuve. Il ne s’agit pas pour moi de stigmatiser les maghrébins, mais je ne veux pas me taire, même s’il s’agit d’une minorité.

Car cette minorité commence à prendre de la place malgré tout. Cela devient lassant de se voir agresser jour après jour par des inconnus au comportement intolérable. Quand je pense que des familles africaines ou kosovares se font expulser alors qu’ils ne demandent qu’à vivre en paix en France, et que d’autres jouissent de la nationalité française mais sont des fascistes en puissance, cela me fait froid dans le dos et m’inquiète sur l’avenir de la France. Je suis outrée en tant que citoyenne de ce pays, et en tant que femme aussi. Car voyez-vous, dans mon entourage moult hommes d’origine maghrébine sortent avec des françaises, mais curieusement, eux ne se voient jamais critiqués par les badauds. Il semble que la mixité soit tolérée d’une part, mais pas de l’autre. Evidemment. Lorsque c’est un homme, on félicite le tombeur qui a su s’attirer les faveurs d’une bourgeoise, mais dès lors qu’il s’agit d’une femme, qu’on la pende sur la place publique cette fille de petite vertu ! Autre chose : ces multiples agressions dont nous sommes la cible met en lumière également la grande lâcheté de ces auteurs. Dans l’imaginaire collectif, un français est un homme peu violent, calme et bien élevé. Donc, lorsqu’ils me voient avec mon ami, ces mecs ne se privent pas de montrer leur hostilité, ne craignant rien en retour. En revanche, si à mes côtés figurait un noir, davantage réputé pour avoir le sang chaud, bien qu’ils seraient sans doute doublement choqués de cette union, je suis convaincue qu’ils réfléchiraient à deux fois avant d’agir. Même si tous ces stéréotypes sont stupides, je les cite non pas comme des références, mais simplement parce qu’hélas, les gens agissent souvent en fonction de cela. Surtout les lâches.



Elise dit:

Ton texte est vraiment très bien écrit et il me semble intéressant de rappeler que le racisme a de multiples facettes.



Un mot : magnifique. Et longue vie à votre amour, au mépris du regard des envieux, d’où qu’ils viennent !



Charlotte dit:

et courage surtout…



NiCl2 dit:

En fait le problème que vous soulevez me semble avant tout un problème de misogynie (que certains assimileront à une forme de racisme, mais parler de race féminine me parait encore plus débile que parler de race noire ou blanche). D’ailleurs, c’est en fait ce que vous dites aussi en parlant de “voler une femme de la tribu”. C’est exactement ça : les femmes sont considérées comme propriété des hommes de la tribu, seuls aptes à décider qui sera leur mari. Je crois que votre expérience est en fait la même que celle de toutes les femmes à qui on interdit de fréquenter ceux qui ne sont pas assez riches ou assez bien nés ou de la tribu d’en face, du camp de l’ennemi… On n’est pas très surpris que les misogynes soient racistes en plus, alors que certains mélangent tout (sans même s’en rendre compte, de toutes façons c’est rarement des gens qui pensent beaucoup), c’est assez fatal.
D’autre part, je ne crois pas que vous ayiez de réticence à avoir à raconter cette anecdote assez effrayante. Le racisme existe dans tous les sens, et la misogynie existe dans toutes les sociétés ou presque. C’est donc le racisme dans tous les sens et la misogynie partout qu’il faut dénoncer et combattre (mais c’est pas gagné à mon avis…).



Flannie dit:

“Voler une femme de la tribu”, c’est tout à fait, ça !
J’imagine sans peine ton indignation pour avoir vécu la situation plusieurs fois en sens inverse: la petite blanche qu’on insulte et sur qui on crache parce qu’elle sort avec un noir ou un arabe.

J’espère que le fait d’écrire cette note t’a fait du bien :-) Courage !



dalyna dit:

@ Charlotte, Elise et Jean-Marc Merci de vos réponses à tous

Cela me fait très plaisir de l’avoir partagé :)

@Flannie : C’est vrai que cela marche dans le sens inverse aussi suivant l’endroit où l’on vit. Si à Paris, une blanche avec un noir passera tout à fait inaperçue, j’ai une copine qui vit dans le Cantal qui m’avait rapporté être considérée comme la pire dévergondée du village pour la même situation…

@ NiCl2 : Je crois que vous avez raison de souligner la misogynie qui se cache derrière cette forme de racisme : “Je crois que votre expérience est en fait la même que celle de toutes les femmes à qui on interdit de fréquenter ceux qui ne sont pas assez riches ou assez bien nés ou de la tribu d’en face, du camp de l’ennemi”. Sauf que lorsque c’est une affaire de richesse, seuls les premiers concernés (familles ou amis) s’en mêlent… Les inconnus ne les agressent pas dans la rue pour la simple raison que cela ne les touche pas. Et c’est ce qui me choque le plus dans tout cela… Qu’ils soient racistes ou se comportent ainsi avec leurs femmes et soeurs, bien que ce soit dommage, ma foi ce sont leurs affaires. Tandis que d’aller jusqu’à vouloir faire régner la justice dans la rue sur de parfaits inconnus, là ça devient grave ! Du despotisme en plus du reste…

Merci d’être passé :)



Cora dit:

Salut! Héhé, en effet, Saez avec modération vivi, mais de temps en temps j’aime bien, ça m’rappelle ma période grande rebelle révolutionaire :p
Ton blog est super beau, et interressant en +!
Cet article m’interpelle, en fait j’ai une petite soeur (demie-soeur) métisse (mon beau père est nigérien), et au sein même d’ma famille, ça a pas été facile. Mes grds parents maternels sont des cathos très très cathos. Déja, voir leur fille avec un black, ils ont eu du mal.
Alors quand ma soeur est née, c’est pas passé.
Au tout début, ils ont été salauds (insunieusement bien sur, pas directement, ptetre même inconsciemment),moi j’ai pas accepté, et j’leur ai clairement dit.
Depuis (elle a 11ans maintenant, du temps est passé!) ça va mieux, même très bien.
Ca m’a vraiment choqué de me rendre compte que mes grands parents été comme ça! Comme quoi, le racisme est vraiment partout, dans l’inconscient collectif..



Je comprends tout à fait ce que tu écris, et je partage ton opinion !
moi même je me suis trouvée confrontée à ce type de comportement, mais cje ne sortais pas avec un black un beur ou autre, je suis française “de souche” , mais je me suis trouvée à circuler plusieurs fois à pieds dans une cité (dont la majorité des résidents étaient d’origine étrangère) d’une petite ville bretonne, pour retrouver des amis; et bien des jeunes de mon age m’insultaient, des enfants m’ont jeté des pierres en me traitant de raciste….
Ma seule faute ayant été de traverser les rues entre les immeubles pour y rejoindre ds amis étudiants qui vivaient à proximité ….
Cela m’a profondément choqué, et de simple passante, je devenais pour eux une cible … sans raison …
je comprends parfaitement ton billet ! Surtout ne baisse pas les bras ! reste fière de votre union !! l’amour est la plus belle chose qui soit ! et il n’a pas de couleur ni de race !
—–
merci d’être passée sur mes pages ! et bonne St valentin tout de même ;-)



dalyna dit:

@ Cora et Elodilili : Oui saez avec modération parce qu’à une époque j’écoutais beaucoup (lorsque j’avais 20/22 ans) et ça me déprimait à la longue ! :)

A lire vos témoignages, cela me permet de relativiser tout en m’effrayant davantage. D’une part, je me sens comprise et cela me permet de m’apercevoir que je suis loin d’être seule dans ce cas, mais d’autre part cela me rend vraiment triste de voir à quel point les comportements racistes sont courants dans ce pays. C’est triste…

ET belle St valentin à toi aussi elodilili :)



C’est un témoignage édifiant d’une bien triste réalité qu’il est à mon avis nécessaire de mettre en lumière. Que dire de plus ma foi sinon te souhaiter tout plein de bonheur avec ton ami ? :o)



irogrev dit:

Tu sais souvent en rigolant je dis à mes potes que j’suis un batard, car ma mère et francaise, mon père Italien d’origine grecque etc…etc…
Mais les mélanges c’est ce qu’il y a de plus beau dans la vie, regarde les couleurs, les cocktails … Bizarrement après t’avoir dis toutes ces conneries, je dois t’avouer que moi aussi j’suis raciste … Non !!! Pas contre les religions ou les couleurs de peau, j’ai des potes au 4 coins du monde, mais plutôt contre la bétise humaine et là crois-moi elle ne représente pas qu’un pays ou une race, non c’est un Empire !!!



dalyna dit:

Oui c’est malheureusement un empire… Difficilement destructible, mais il ne faut jamais perdre l’espoir de l’anéantir malgré tout, et ne jamais hésiter à le dénoncer.
Merci de ton passage :)



dalyna dit:

Merci CaptainNavarre… Nous sommes en effet très heureux, et ça, c’est le principal :)



Emi dit:

Je suis touchée par ton texte… et hoche la tête à tout ce que tu as écrit.
Je voudrai revenir sur une toute petite partie, celle du “tombeur qui a su faire succomber la bourgeoise”…
Je suis moi-même française et mon fiancé est kabyle. Il travaille dans le métro comme vigile, le staff est composé essentiellement de maghrébins. Ce qui fait que presqu’à chaque fois, nous pouvons apercevoir les regards complices que lui lancent ses “compatriotes”.
Cela pourrait être sympathique si nous n’en tirions pas l’impression que cela fait de moi une trainée, et ce que le regard suggère a toujours trait au sexe. Il semblerait qu’ils ne puissent pas s’imaginer que mon fiancé me porte de l’amour, il n’est là que pour m’exploiter sexuellement, et moi, je suis assez cruche pour le laisser faire.
Outre cela, à la faculté d’anglais, lieu où l’on pourrait croire les esprits légèrement plus ouverts, mon chéri a eu l’occasion inestimable de discuter avec un sénégalais, qui après avoir appris que j’étais une “blanche”, a demandé avec grande inquiétude si je faisais la cuisine.
“Parce que tu comprends je suis sortie avec une blanche, et c’était toujours moi qui faisait à bouffer, c’est pour ça qu’on s’est séparé”

Du grand cru !

:)



Malheureusement ce genre de crétins pullulent un peu partout, deux solutions face a eux les ignorer ou leur coller un point dans la tronche. Personnellement je suis black sors avec une blanche et vit en banlieue pas plus “facile” que ca et personne ne s’avise de me lancer ce genre de propos ni a elle ni a moi. Ce qui est bien mis en avant dans votre texte est l’hypocrisie de ce genre de type et le manque de respect qu’ils peuvent avoir face a la gente féminine. Les cons sont et seront malheureusement toujours présent. Le plus dure est de faire avec même si parfois on n’a qu’une seule envie les réduire en miettes. Le texte est trés intelligemment écrit en tout cas.Instructif et malheureusement réaliste. Plein de bonnes choses avec ton copain en tout cas et oublie ces connards,t’as l’air de valoir nettement mieux qu’eux ^^

++



dalyna dit:

@ Emi : Oui c’est exactement ça. Quand tu sors avec quelqu’un d’une autre origine que la tienne, tu es considérée comme la pauvre nana qui se fait “baiser” (dans tous les sens du terme). Ce que tu exprimes concernant les collègues à ton mec est la première chose que les crétins de la gare m’ont dite… à savoir que mon copain est avec moi uniquement pour “ça”, qu’il se sert de moi… Ces gens-là sont dangereux : ils sont tellement fermés qu’ils ne conçoivent les individus que comme des “races” et pas comme un tout formant la race humaine. Du coup, lorsqu’ils nous voient, ils ne voient pas 2 personnes qui s’aiment, mais 2 personnes différentes ensemble donc forcément c’est louche.

Concernant l’ami sénégalais de ton fiancé, est-il sénégalais ou sénégalais d’origine seulement ? Parce que dans le premier cas, sa remarque n’est pas étonnante et moins condamnable à mon avis puisqu’elle n’est pas raciste, mais juste la conséquence d’une différence de cultures. De notre regard occidental, nous pouvons juger cette phrase sexiste, mais en réalité, c’est plus complexe que cela, sachant qu’au Sénégal, si les femmes se doivent de savoir cuisiner, en contre-partie, les hommes prennent en charges d’autres choses que les français ne font pas. C’est une question culturelle en somme, et il est important de remettre les choses dans leur contexte.

@ Chandleyr : Merci pour ton message de soutien.
Quand tu dis “personne ne s’avise de me lancer ce genre de propos ni a elle ni a moi”, cela ne m’étonne pas. C’est ce que je disais dans mon article. Les mecs ont trop peur que tu les dégommes… Alors que si c’était ta copine qui était noire et toi blanc, je peux t’assurer qu’ils ne vous louperaient pas. Et je dois dire que j’ai beau être très calme d’ordinaire, je suis bien d’accord avec toi quand tu dis que ces gens méritent un pin dans la tronche. Mais depuis mon anecdote, j’essaie de me forcer à les ignorer car je me rends compte que je ne vais pas arrêter de m’embrouiller si je réponds. Alors mon copain et moi, on les ignore, on les laisse dans leur bêtise.



Ton sujet me touche beaucoup car je me sens concernée par tout ce que tu écris sauf que tout cela, je ne le ressens pas forcément en France…
Je suis française, blonde et blanche, mon mari est tunisien, brun et mate et je ressens beaucoup de haine et de jalousie quand je me promène avec lui dans les rues tunisiennes car pour certaines tunisiennes, je leur ai volé un mari potentiel. C’est vrai que ces regards font mal.



F. Alard dit:

Belge d’origine et Musulman très bien acceuilli en Algérie, j’ai épousé une Djamila. Epousée dans les traditions locales car je concidère que je n’avait pas à m’opposer au bonheur de toute une famille; Contrairement à ce qui se passe en France, elle n’a pas été rejetée par son entourage, que du contraire. Chaque année, nous retournons au “bled” et nos trois enfants sont heureux de rencontrer leur nombreux cousins et cousines. je pense que les réactions de type raciste sont avant tout des replis identitaires du à une déviation dans l’éducation principalement coranique. Les musulmans rejettent leur faiblesse sur la femme en général, avant de s’en prendre d’abord à leur propre attitude masculine. La musulmane mariée ne contredira pas son mari même si au fond de l’amour qu’elle porte à ses enfants elle sent qu’ils ont raison . La foi en Dieu doit porter à la vie et au positivisme et non l’inverse. Prochainement, un livre qui est plus qu’un roman va paraitre aux éditions Elzevir. Son titre: “Le djihad apostat ou le voyage nocturne”. je t’enverrai un message lorsqu’il sortira. Dalyna, je t’en recommande la lecture. Bon courrage dans ton engagement vers la vie.



Jelaipa dit:

J’ai eu la chance ,jusqu’à ce jour de ne pas subir de racisme ( je suis blanche et ai toujours vécu en France;mais par mon travail je suis souvent allée dans des quartiers difficiles ;j’ai parfois eu peur devant une violence latente mais sans le vivre comme racisme )

Mais je pense que lorsque nous considèrerons l’autre comme nous ,et pourrons dire qu’il y a des cons et des racistes partout nous aurons déjà fait un pas.
Ensuite pourquoi est-on raciste : par peur de l’autre ,de l’inconnu qui va nous prendre ce que nous avons ou aimerions avoir (c’est à dire donc aussi par frustration ,par envie )Si je n’ai jamais ressenti de racisme c’est peut-être parce que je ne me suis pas sentie visée Moi personnellement mais seulement l’image que je représentais: crois moi c’est beaucoup plus facile à vivre et cela permet de relativiser en se disant qu’il vaut mieux faire envie que pitié…Je te souhaite beaucoup de bonheur



hanouna82 dit:

bonjour,

ton texte m’a interpellé , c’est tellement bien écrit et çà démontre une vérité qui exsite malheureusement , une vérité dure à entendre . moi aussi je suis avec un français heureusement pour moi à part les regard jamais un mot n’est sorti ou bien je l’ai entendu , car je suis du genre très nerveuse quand on touche à mon couple.

merci encore



Sunny dit:

Alors là, je dis juste : bravo ! il fallait que ce soit dit.



charlotte dit:

félicitation pour ton texte!il est vraiment bien fait et bien exprimé…
Un grand bravo pour ton courage!voir ca de nos jours c’est immonde
merci de nous avoir fait partagé ton avis c’était un bonheur pour ma part.



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et cetera