Selon un sondage CSA/Le Parisien*, 38% des Français voteraient pour Barack Obama lors des primaires contre 36% pour Hillary Clinton. Peut-on déduire d’un réel plébiscite pour le candidat métis ? L’écart semble un peu faible pour cela. Toujours est-il que ces chiffres interrogent. Comment expliquer que de l’autre côté de l’Atlantique, les choses paraissent toujours plus glamour, plus belles, bref plus acceptables ? En effet, quand on sait qu’en France, les personnes noires ou qui portent des noms à consonance trop exotique se voient si souvent refuser un simple travail ou logement, comment peut-on croire qu’un président noir pourrait se faire élire en France ? Ou alors cela signifie t-il simplement que nous devenons incroyablement tolérants dès lors que nous ne sommes pas touchés directement ? “Fais ce que je dis, pas ce que je fais” en somme.
Surtout s’il s’agit des Etats-Unis. Car le pays du “rêve américain” inspire tant et tellement les foules que tout ce qui vient de là bas est tantôt reçu avec admiration, tantôt avec un mépris inconsidéré. Au point que le charismatique Obama fait oublier sa couleur de peau à un peuple qui vient d’élire un président tellement à droite qu’il frôle son extrême. Au point également de juger à tout va sans prendre le temps de balayer au préalable devant sa porte. Ainsi, ce matin, au cours d’un débat sur France Culture*, l’une des journalistes se hérisse lorsqu’Olivier Duhamel affirme que « nous sommes tous américains ». Elle explique cette réaction épidermique par le fait qu’il y a tant d’inégalités aux Etats-Unis qu’elle ne se reconnaît pas dans ce pays. L’invité John Rossant, ancien directeur de la rédaction de Business Week en Europe et Vice-président du groupe Publicis, rebondit en lui demandant si la situation dans les banlieues lui dit quelque chose. Elle rétorque alors que les inégalités en France sont bien moindres que celles constatées aux USA. C’est sûr qu’entre le petit mec qui vit en HLM à Sarcelles et celui du 15ème à qui papa-maman paye la dernière école de commerce à 10 000 euros l’année, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
L’émission s’achève sur un rapide portrait du sénateur de l’Illinois, et il est rappelé que Barack Obama a rencontré des difficultés car son père kenyan était soupçonné d’avoir été musulman. Soupçonné. Comme un fait honteux, une tare, un crime. Comme quoi, au-delà du glamour et des cultures, une seule chose demeure hélas internationale : la peur de l’autre.
* http://www.mon-sondage.com/Sondage/69/38-des-francais-donnent-leur-voix-a-obama.html
* http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/
Une lecture très conservatrice de l’élan que suscite Obama chez nos concitoyens consisterait à dire que dès qu’il y a un duel opposant un homme à une femme, ces derniers offrent leur scrutin à l’homme. Qu’en pensez-vous ?
Nous pourrions en effet le comprendre de cette manière aussi. Mais selon moi, cela me semble peu probable.
ont suffisament avancé de leurs esprits pour accepter l’idée qu’une femme devienne présidente d’un Etat.
D’une part, en dépit d’être une femme, Hillary Clinton bénéficie d’une certaine popularité en France. D’autre part, je pense réellement que les français, tout comme les autres peuples (cf l’ascencion de Merkel, Bachelet…
A titre d’exemple, Ségolène Royal, qui affrontait 2 hommes lors des primaires PS l’a remporté haut la main. Je ne pense donc plus qu’être une femme soit un obstacle dans une campagne.
merci d’être passé
Dalyna