« T’es ma came »

C’est en ces termes que Clara Bruni s’exprimerait dans une future chanson pour celui qui voulait nettoyer les cités au Karcher.

Si la came de Carla, c’est son canard de président, celle des journaux du moment, c’est justement le couple présidentiel fraîchement uni. Il suffit d’entrer chez un marchand de journaux pour s’en rendre compte : comme atteints de diplopie, où que l’on regarde, ce sont les mêmes couvertures, les mêmes photos et les mêmes infos qui nous agressent : « Sarkozy et Carla en Egypte », « Sarkozy et Carla en Jordanie », « Sarkozy et Carla se seraient mariés ». Si ces « unes » concernaient uniquement des magazines comme « Closer » ou « Voici » dont le fond de commerce est la vie des stars, cela n’aurait rien de surprenant. Sauf que dans le cas présent, il s’agit de nos grands hebdomadaires d’actualité générale, quotidiens nationaux et journaux télévisés qui s’abaissent à nous diffuser en masse de l’information people, plutôt que de se pencher sur les véritables préoccupations des français. A priori, les médias doivent traiter de l’information susceptible d’être importante. Est important ce qui nous touche directement, ce qui est sensé changer notre vie, notre quotidien, comme une loi, une crise financière, une guerre et autres réjouissances. Le 25 décembre dernier, le journal de TF1 ouvre sur le voyage en Egypte de Nicolas Sarkozy main dans la main avec Carla bruni. Or, un voyage privé du Président en extase devant le Sphinx, ou les mains en l’air dans le « Space Mountain » à Disneyland, n’est pas une information des plus capitales pour l’avenir de notre pays.

Ce matin, Le Figaro titre « Carla et Nicolas, première sortie », avec une énorme photo à l’appui. A droite, un papier de la moitié de la taille de la photo évoque les centaines de français rapatriés du Tchad. « Psychologies » republie une interview de Carla Bruni qu’elle a donné au magazine il y a quelques années. « VSD » titre sur Carla Bruni : Jusqu’où ira-t-elle ?

Et vous, jusqu’où irez-vous ?

Sans compter que depuis quelques mois, le premier à en pâtir est le président lui-même. Loin de moi l’envie de le plaindre car ce n’est que le phénomène de l’arroseur arrosé. A trop flirter avec les médias, il a fini par obtenir ce qu’il voulait : être en « une » partout et au même moment. Seulement, il ne suffit pas de s’attirer les faveurs du milieu médiatique pour s’attirer aussi celle de l’opinion publique. La preuve en est avec cette série de sondages toujours plus négatifs pour Sarkozy.

Bang bang, My Baby Shot Me Down…

(Lee Hazlewood pour Nancy Sinatra)

LZ

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2 commentaires Leave a comment.

  1. On février 12, 2008 at 8:53 Jean-Marc Said:

    Pour reprendre les termes d’une “lettre au président” parue dans le Libération de ce matin (12 février 2008) et signé “Bouvard et Pécuchet” (collectif de doctorants en droit public) : “Lorsque vous utilisez votre image personnelle et celle de vos proches collaborateurs, puis confondez votre vie privée et celle de chef d’Etat, comme autant de leviers pour qu’un événement en chasse un autre, c’est la question essentielle de la politique que vous éludez”.

    Depuis son élection en mai 2007 (presqu’un 1 an déj), le président de la République a montré à l’envi ses talents dans l’art de construire des écrans de fumée à répétition. L’épais brouillard ainsi créé a pu séduire un temps. Mais à la dissipation des fameuses brumes matinales (et des brunes vespérales) s’est désormais révélé ce qu’il s’était employé à cacher avec talent : la réalité dans sa triste évidence et… ce qui était hélas prévisible pour qui avait suivi son parcours politique avant sa consécration de mai 2007, l’inanité de son action.

  2. On février 13, 2008 at 12:59 dalyna Said:

    Je partage complètement ta vision de la politique de Sarkozy. Ce qui m’inquiète, c’est que les français ne se rendent compte que maintenant de l’inanité de son action, alors qu’il était depuis 5 ans à l’intérieur et que, derrière les multiples effets d’annonces, tous les chercheurs martelaient dans l’indifférence générale que les choses se dégradaient. Les prisons ont gonflé de 10 000 détenus et tout le monde sait que la prison est l’école de la récidive. La prétendue sécurité est loin d’être restaurée… les violences contre les personnes ont augmenté, la précarité s’accentue… bref que du bonheur. Beaucoup de personnes qui l’ont élu retournent aujourd’hui leurs vestes mais maintenant, c’est trop tard, nous sommes partis pour 5 ans. Enfin, encore 4… :)

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