février 7, 2010

Elysée recherche scénariste désespérement (Ca urge !)

Après le macho-man candidat à la nationalité française qui ouvre son coeur en entretien tel devant un psy, voici… (roulements de tambour) : Les braqueurs de La Poste vêtus d’une burqa. Alors que les députés anti-burqa dans l’espace public insistent depuis des mois sur leur unique argument (politiquement correct), celui de la sécurité, voilà que l’actualité, comme de par hasard encore une fois, vient leur donner raison, puisque nous apprenons qu’un hold-up a eu lieu à La Poste d’Athis-Mons par deux hommes vêtus précisément de… burqas. En ce moment l’actu, c’est coïncidence sur coïncidence. Avec l’UMP, le « hasard » se mute en mathématiques : une loi = 2 faits divers convergents. Et puis, les cagoules n’existant pas, heureusement qu’il y a les burqas  qui perpétuent le business des malfaiteurs. Sans burqa dans le paysage, vous imaginez, on a eu peur, on frôlait la paix sociale ! En outre, il va presque sans dire que nous n’aurons pas droit aux traditionnels témoignages dans le reportage TV d’anonymes pour dire « Oui, j’ai entendu un boum, j’ai couru, j’ai pas mouru… ». Pas d’images de caméra surveillance non plus. D’ordinaire, on nous les montre même quand un gamin a simplement volé un bonbon dans un magasin, mais là, c’est une banque et il semble que La Poste n’en soit pas équipée ou bien que les journalistes n’ont pas réussi à obtenir ces images. Comme c’est dommage… Et pour finir, les malfrats, avec seulement 4 500 euros de butin, n’ont bien entendu pas été retrouvés. On les savait multi-casquettes, mais pour les ministres-députés-maires, il semble que celle de scénariste soit vraiment celle de trop.


février 3, 2010

Elysée recherche scénariste désespérement

Alors que le « débat » ou plutôt le scandale puant de l’identité nationale continue de battre son plein, jusqu’à la fin des élections notamment, hier, nous avons eu droit à une nouvelle surprise. Je pense que David Copperfield a vraiment du souci à se faire, puisqu’hier, entre fromage et dessert, nous apprenons dans un reportage du JT de France 2 qu’Eric Besson vient de sortir de son chapeau LE client idéal. Eh oui, tel un Zorro à l’aide de son épée, ou une Wonder Woman avec son lasso magique, Besson annonce avoir chopé un candidat à la nationalité française, dont on apprend qu’il veut imposer une burqa à sa femme et ne croît pas à l’égalité des sexes. Une occasion trop intéressante « qui tombe à pic » pour Besson qui s’engouffre dans la brèche en annonçant qu’il signera un décret pour refuser la requête de cet homme, car « il ne remplit pas la condition d’assimilation prévue par l’article 21-4 du Code civil* ». Il faut bien essuyer les plâtres, c’est la première fois que la nationalité française est refusée sur ce motif de voile imposé. Un cas qui fera sans doute jurisprudence. Ce monsieur, dont on ne nous communique ni le nom ni le visage, ce monsieur jouant le rôle de grand méchant loup pour le Gouvernement et l’opinion publique qui doit déjà s’en donner à coeur joie sur les sites d’Agoravox et du Post, ce monsieur, au fair play légendaire dont on apprend à la fin du reportage qu’il « accepte la décision », permettez-moi de véritablement douter de son existence. Parce que si on résume un peu, nous avons affaire à un homme qui souhaite la nationalité française mais qui est assez con pour, le jour de son entretien, affirmer sans complexe et dans un climat particulièrement xénophobe, son projet de vie de macho-man. Il est malin ce gars. Et c’est vrai que ça marche comme ça : les machos disent toujours la vérité. Les hommes qui battent leurs femmes annoncent la couleur en général avant de se marier, et disent bien dans les commissariats à quel point ils sont contre l’égalité hommes-femmes. Et le comble avec ce point de chute, cet homme, Grand Seigneur, « qui accepte la décision », ne manifeste aucune déception, colère, rancoeur, ni même l’envie que l’on révise sa situation. C’est presque comme s’il ne voulait pas de cette nationalité dans le fond. En bref, un personnage décidément mal travaillé par les scénaristes du Gouvernement.

Mais qui a accordé la nationalité française à ce blédard complexé ?


* Art. 21-4 du Code Civil

L’étranger ou apatride qui contracte mariage avec un conjoint de nationalité française peut, après un délai de deux ans à compter du mariage, acquérir la nationalité française par déclaration à condition qu’à la date de cette déclaration la communauté de vie tant affective que matérielle n’ait pas cessé entre les époux et que le conjoint français ait conservé sa nationalité. Le conjoint étranger doit en outre justifier d’une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue française.

(Note de Dalyna : J’adore la subjectivité de cet article. Une vraie condition fourre-tout histoire de combattre l’ennemi).


Voici en 15 minutes quelqu’un qui en sait beaucoup plus sur la question de l’identité nationale que tous ces charlots xénophobes décomplexés en mal d’électeurs extrémistes, j’ai nommé Pascal Blanchard, brillant historien de l’immigration et l’Afrique contemporaine. Regardez cette vidéo, et vous verrez qu’en 15 minutes, vous en aurez appris 20 fois plus que tout ce que vous avez pu lire dans les journaux ces derniers mois.


février 1, 2010

Mon premier bâtard

Bonjour tout le monde


Comment ça va ?

Moi ça va, mais vous comprendrez sans difficulté pourquoi le désert de Gobi vient illustrer cette note. Oui, ce blog n’est plus que l’ombre de son ombre.  Heureusement que les fanas du Destin de Lisa et d’Ugly Betty viennent m’honorer  quotidiennement de leurs visites (j’atteins des records mais je ne pense pas qu’il faille en être fière). Vous essayez de pondre des articles sur l’actualité, la politique, l’économie… Et c’est finalement pour une vieille photo de Lisa du Destin de Lisa, choisie pour illustrer un billet quelconque sur la beauté, qui fait mouche. Ah la la…

Bon alors, sinon, vous racontez quoi, vous ? Vous suivez l’actu ? Vous saturez ? Vous avez regardé la Ferme Célébrités ou lu le résumé sur Yahoo! ? Vous aussi, vous avez découvert avec stupeur que Mickael Vendetta est une célébrité ?  Vous aussi, vous avez eu envie de créer un groupe Facebook pour De Villepin même si vous êtes à gauche, juste pour faire chier Sarkozy ? Pour ma part, j’ai même songé à le suivre sur Twitter. Vous avez vu comment je suis « in » ? Je Twitte maintenant. J’avoue qu’au début, j’ai eu du mal, je ne voyais pas la différence avec Facebook, mais petit à petit, en suivant les news d’Océane et de M1, j’ai fini par rentrer dans le délire. C’est assez marrant cette interactivité, mais entre mes twitts et mon Facebook, je commence à me demander sérieusement le temps que j’y passe par jour. Je crois que je ne préfère pas connaître la réponse. En tout cas, une chose est sûre : MSN est has been. Et mon blog aussi, si ce n’est que cette semaine en kiosque figure un de mes articles qui a été conçu sur ce blog. Ré-anglé et remanié, je lui ai offert une seconde vie, ça sert aussi à ça un blog. On s’auto-inspire. Cela étant, cela m’étonnerait grandement que je réitère avec cette rédaction. La chef de service m’a tellement saoulé à réécrire « ceci » et « cela« , et la « rédac chef pense que…« , pour au final s’éloigner pas mal de l’idée directrice.

C’est assez bizarre au final. T’as ton nom en bas, c’est toi qui l’a écrit, mais comme la rédac chef est repassée trois fois par là, a coupé des mots et en a ajouté plein d’autres, ça donne un article dont on ne se sent plus vraiment l’auteur. Ce qui est navrant parfois, c’est quand les chefs de rubriques décident AVANT de lancer l’enquête, de ce qu’il y aura dans l’article final. Du coup, t’es là au téléphone, tu parles des résultats de ton enquête suite aux interviews avec témoins et experts, mais la nana, de l’autre côté est complètement fermée à tout ça et te répète sans arrêt sa fixette : « Non mais je pense que ça entraîne ceci et cela, donc il faut trouver des gens qui diront que ça et ça « . Traduction : Tanpis pour ce que tu as trouvé dans ton enquête, je pense que l’angle sera plus politiquement correct/vendeur/colle plus à ce que je veux (rayer les mentions inutiles) si on dit ça et ça. Super l’enquête journalistique. Il ne nous reste plus qu’à aller au supermarché des témoins pour limite leur souffler les réponses pour que ça cadre. C’est d’ailleurs ce qui a failli se passer dans ce cas précis puisque la chef de service m’a quand même dit à la fin, quand elle a su que l’un de mes interviewés souhaitait témoigner de façon anonyme : » Eh bien il faut que tu trouves quelqu’un d’autre qui te dira la même chose« . De témoins coupés en phrases ajoutées, voilà comment on se retrouve à la fin avec un article bâtard sur les bras. C’est le mien, mais il a comme quelque chose d’illégitime…

Heureusement, on peut toujours refuser un article s’il est trop éloigné de l’idée de départ. Mais après avoir travaillé 90 heures sur un papier, c’est très difficile de dire « Ouais mais finalement non« , car en général, le faire équivaut à s’assoir sur sa rémunération. Même si légalement, un article commandé est un article payé, dans les faits, soyons honnêtes, accepter la commande d’un article et ensuite refuser la parution en raison « d‘un méga remix  Bob Sinclar » annulera sans nul doute le paiement. Et aller au Prud’hommes pour 400 euros, ce n’est pas si simple. Bref, sauf exception (que je situe au niveau de mes convictions politiques pour ma part), je pense que plutôt que de s’acharner contre « la volonté d’un homme« , il vaut mieux apprivoiser le bâtard pour cette fois.


janvier 27, 2010

« Comme je dis toujours… »

… J’aime pas les gens qui s’auto-citent.

janvier 25, 2010

Reviens Julien Courbet !

Y’a des bouquins comme ça, qui te donne illico envie d’appeler Julien Courbet pour hurler ton désarroi. Ici, l’arnaque est « littéraire » et est intitulée « Un voile, un certain moi de juin » par Bérangère Lefranc. Le Parisien consacre aujourd’hui un papier au sujet de ce livre, où son auteure raconte son expérience après avoir porté une burqa pendant 1 mois à Paris. On apprend dans cet article que « C’était un enfer » (ah bon ?), qu’elle avait plus chaud qu’en temps normal (+ 5°C), et aussi que tout le monde l’a dévisageait dans la rue. Alors ça, pour une enquête, c’est une enquête. Ce sont des éléments que l’on ne pouvait absolument pas deviner sans tenter l’expérience. Et tout ça pour conclure finalement : « Quand on endure ce calvaire par choix, c’est vraiment pour des raisons qui vous appartiennent, croyez-moi. Quant à celles qui portent la burqa de force, je les plains de tout mon coeur. Au point que je trouverais horrible qu’on les cloître chez elles« . Euh… 1 mois de Burqa à transpirer, subir des regards haineux, et même « risquer pour sa vie » comme elle dit, pour en arriver à la ligne de départ, elle aussi est à plaindre de tout notre coeur.

janvier 15, 2010

A France 2 de juger

Hier soir, Arlette Chabot propose de prolonger le passionnant débat sur l’identité nationale lors de son émission « A vous de juger ». Je n’ai pas regardé cette émission dont l’intitulé du débat et les intervenants (Eric Besson, Marine Le Pen) me font bailler, et dont tout le monde sait par avance qu’il y aura du mouton dans les baignoires et de la burqa dans l’air. Mais comme beaucoup, j’ai découvert ensuite à la radio qu’une mini-polémique est née du fait de l’absence inattendue de Vincent Peillon. Il écrit les raisons de son plantage délibéré sur Rue89. En gros, la voix du PS n’étant refourguée qu’en 2ème partie d’émission, et le réel « débat » ayant lieu entre le FN et le FN l’UMP, il a pensé que les conditions d’un débat équilibré n’étaient pas remplies. Plutôt que de se décommander et laisser la place à un autre représentant du PS, il a préféré planter Arlette Chabot, qui est très en colère depuis. Elle s’est expliquée sur Europe 1 il y a quelques minutes en invoquant, comme toujours, la noble démocratie, qui justifie, selon elle, une telle composition pour ce débat.Ensuite, il y a le DG de France Télévisions qui m’a fait bien rire en disant que Peillon, par son attitude, avait surtout gêné « la compréhension du débat pour les français ». Il y en a qui prennent vraiment les français pour des tétards.

C’est vrai qu’elle est impartiale Arlette. Arlette, elle n’est pas du tout love de Sarko. Arlette, c’est la transparence même, l’objectivité pure du journalisme. Quand on regarde « A vous de juger », c’est vrai qu’à la fin, on ne sait plus DU TOUT quoi penser… C’est sur son plateau qu’on avait eu droit au « mouton dans les baignoires ». C’est aussi sur son plateau qu’en pleine période d’émeutes, elle organise un débat entre Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur me semble-t-il, qui, au lieu de faire face à un responsable politique de l’opposition ou un représentant du travail effectué dans les banlieues, fait face à un gamin de 18 ans, pêché au hasard dans la rue, au langage approximatif, et sans aucune argumentation. Du pain béni pour Sarkozy qui lui rétorque très vite d’un ton ferme « On n’est pas dans la rue, monsieur« . Une petite phrase qui a dû en réjouir plus d’un devant le poste de télévision, ravi de cette fermeté assumée avec ceux qui abusent et qui méritent d’être corrigés plutôt qu’aidés. Si la démocratie consiste à organiser un débat entre un homme politique averti, roi de la communication, et un jeune de 18 ans pris au hasard, censé représenté la voix de la banlieue, alors elle a une sale gueule cette démocratie. En réalité, elle a juste le visage de ces journalistes qui contribuent à pourrir le système, à brouiller les cartes, en présentant d’un côté un discours impeccable, soit disant transparent, et en agissant de façon fourbe et orientée de l’autre côté. Le DG de France TV peut bien parler de la compréhension du débat, mais personne n’a besoin d’Eric Besson ni de Marine Le Pen pour comprendre que ce débat n’en est pas un et est pourri de l’intérieur. Et Arlette Chabot peut bien nous la jouer grande journaliste qui veut informer et susciter le débat, dans les faits, elle n’est qu’un pion qui a voulu surfer sur de la merde pour créer de l’audience. Un bon débat trash, ça ne fait pas de mal quand on n’a pas d’idées. J’ai entendu sur Europe 1 un extrait de ce débat, ça ressemblait davantage à une bataille de chiffonniers plutôt qu’un vrai échange « Je vous trouve gonflée, Marine Le Pen » « Et moi, je vous trouve impoli ». Comme ils sont d’accord sur les idées, fallait bien trouver un endroit pour se distinguer, histoire que ça fasse « débat ». Mince, plus j’y pense et plus je suis dégoutée d’avoir raté un si beau rendez-vous de démocratie.


janvier 8, 2010

Giboulées terroristes

En France, la neige, ce n’est pas du breaking news. C’est un scoop, une exclusivité, un peu comme si ce n’était pas de l’eau qui tombait du ciel, mais des martiens. Alors, on dépêche dans tous les patelins de France des journalistes pour mesurer les centimètres de neige, ou bien nous conseiller de porter un bonnet et une écharpe, des fois que l’idée de sortir en short nous traverserait l’esprit. Pendant ce temps-là, ça se réchauffe du côté du Yémen, et le nouveau Prix Nobel de la paix prépare peut-être une bonne intervention de guerre-pour-la-paix, comme savent si bien le faire les USA. Les journalistes à la botte, sans aucune analyse, nous ont déjà balancés leurs sujets où ils nous « révèlent » qu’après une guerre qui n’en finit pas en Afghanistan, c’est finalement le Yémen qui serait la base la plus active d’Al Qaida. De la même manière que l’on a trouvé des armes de destruction massive en Iraq il y a 5 ans, bien sûr. Car si les terroristes d’Al Qaida ont inventé le concept d’attentat dans les airs, les Etats-Unis sont les heureux créateurs d’une belle arme de destruction massive, cette fois-ci bien réelle : la peur. Après les fantasmes sur l’anthrax (qui avait déteint chez nous comme toujours), l’arrivée des passeports biométriques, le fichage compulsif, voilà qu’on pourra nous voir à poil dans les portiques de sécurité, lutte contre le terrorisme oblige. Hortefeux, comme un mouton, suit le mouvement, même si en France, nous n’avons pas encore eu d’attentat de ce genre. Les libertés individuelles passent à la trappe au nom de la lutte contre le terrorisme, même si celui-ci ne nous concerne pas. Pourquoi s’en priver ? Puisque la peur marche mieux que tout, allons-y pour imposer des mesures absurdes et inefficaces et justifier son poste à l’Intérieur. A quand les empreintes prélevées avant de rentrer dans son immeuble le soir ? Aujourd’hui, l’idée paraît saugrenue, mais qu’un imbécile tente de poser une bombe en haut d’un immeuble et cette mesure passerait alors comme une lettre à la poste. Pour autant, de sacrifices en sacrifices, le problème du terrorisme n’est pas résolu, puisqu’il est avant tout un argument politique. Et pendant ce temps-là, nous autres, devons nous soumettre devant la bêtise. Hier pourtant, nous avons eu droit à une trêve avec la disparition de Philippe Séguin. Bon, dans son discours, Sarkozy aura quand même réussi à caser le terme « méritocratie » qui lui est si cher, en évoquant le parcours de Seguin. Tout le monde a salué l’œuvre et les positions de l’homme politique, perçu comme l’une des dernières figures gaullistes, et même d’un gaullisme social qui aura permis à la gauche à l’agonie de rivaliser dans les déclarations. Il est étonnant d’entendre ces hommages d’une part, qui semblent encenser une politique révolue, une attitude, et la réalité actuelle de la France d’autre part, dont la place fragile dans le monde est plus proche d’une vassalité aux puissants que du gaullisme. Il suffit d’observer les actualités de ces derniers mois pour en prendre conscience. Quand la France est capable d’importer un pseudo-débat haineux sur les minarets, de s’aligner sur l’Europe en envisageant les nouveaux portiques de sécurité alors que la menace terroriste n’est même pas établie en France, ou encore de fermer son ambassade au Yémen simplement parce que les USA le font, on se demande où est l’indépendance de la France à laquelle Séguin croyait. Peut-être l’a-t-il emportée avec lui.

décembre 30, 2009

Carpe Diem

« Telle est la vie des hommes.

Quelques joies très vite remplacées

Par d’inconsolables chagrins.

Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants ».

Marcel Pagnol


Je viens de découvrir la série Six Feet Under (Six pieds sous terre), diffusée sur France 4, que j’ai suivi avec assiduité sur le web. Ce feuilleton suit le quotidien d’une famille qui détient une société de pompes funèbres. Pas commun comme série, car outre le tabou de la mort, elle s’est concentrée à en aborder d’autres que l’on évoque peu ou jamais dans nos sociétés comme l’homosexualité et la drogue tout au long de ses épisodes. On peut y suivre les aventures de Keath et David, une union pleine de sincérité et de rebondissements, sans la caméra qui coupe au moment des embrassades gays comme la plupart des séries TV. La mort aussi est montrée de façon frontale : des accidents pittoresques aux morts naturelles, on peut y voir Rico, le thanatopracteur de Fisher & Fils, remettre en état les cadavres pour la cérémonie d’adieu demandée par les familles. Quand je l’écris comme cela, on peut s’imaginer une série glauque et difficile à suivre. En réalité, il n’en est rien. Tout cela est très bien filmé, scénarisé, et la plupart des scènes se déroulent sur fond d’humour noir, qui rend la série passionnante et les personnages irrésistiblement attachants.


L’irrémédiable séparation finale d’avec les proches, la vie après la mort ou le néant… Je me suis auto-prescrit cette série, histoire d’approcher un peu l’effroi que la seule pensée de la mort suscite chez moi. Quand on a 15 ans, c’est simple, on n’y pense pas. Et quand bien même quelqu’un viendrait l’évoquer, l’adolescent l’élude généralement avec aisance, à l’aube de sa vie, rien ne lui paraît plus éloigné de lui. Et puis, quelques années plus tard, les goûts évoluent, l’entourage aussi, la personnalité qui se précise, et finalement, la notion du temps qui passe et des changements qu’il entraîne commence doucement à être intégrée. Et c’est là que la pensée de la mort réapparaît, non plus comme une expérience étrangère, mais comme une ombre qui plane, comme un truc dans l’air qui se présentera à chacun d’entre nous un jour. Souvent, ce n’est pas tant sa propre mort qui inquiète, même si celle-ci provoque déjà bien des questions et angoisses, mais davantage celle des autres, éternels vivants à nos yeux, dont la fugace pensée d’une séparation prochaine ou lointaine glace d’effroi. Alors, pour faire face, chacun s’accommode à sa manière. Souvent, cela consiste au refoulement, à confiner cette idée dans une case de son cerveau fermée à triple tour. Je le fais, comme tout le monde. Mais je crois que j’y arrive mal. Alors, cette peur ne me quitte jamais. Elle est tantôt bonheur à partager, à « profiter ». Mais le temps de dire que l’on en profite, le temps est déjà perdu. Cette fuite du temps incontrôlée et incontrôlable à quelque chose d’extrêmement angoissant. Ce bonheur fugace, non palpable, qui nous file entre les doigts, qu’on en profite ou non. Peut-être est-ce pour cette raison que j’aime visiter parfois des cimetières. Parce que je ne veux pas l’oublier cette fuite en avant, qui ne nous est offerte qu’une fois, et voir ces tombes les unes près des autres, rappellent trop bien que pour eux aussi, comme pour notre société et l’Homme en général, la mort n’était qu’un concept avant qu’elle ne devienne une réalité. Il faut le savoir, et le garder en tête me dis-je, même si vivre avec cette idée en permanence est le meilleur moyen de se sentir paralysé dans le présent. Alors, il faut jongler autant que possible. Entre lucidité et amnésie. Le temps de râler car le train est en retard, ou de pester simplement parce qu’il pleut. Et le reste du temps, comme une seconde nature, de vivre avec la peur panique de recevoir un coup de fil qui va tout chambouler. Quand on est heureux, sans que cela ait toujours été le cas, on est même doublement sur ses gardes.


Il y a quelques semaines, un de ces coups de fil a retenti. Un de ceux qui vous rend sérieux tout à coup. Plus sérieux que sérieux. Qui donne le sentiment que la Terre s’arrête de tourner. Qui vous arrache à la frénésie, à l’habitude, à l’ordinaire tellement ordinaire qu’on le pense éternel. Malgré la peur omniprésente, on se rend compte que ce genre de coups de fil prend souvent au dépourvu. Tous les yeux sont braqués à droite, et le projecteur est finalement sur la gauche. Heureusement, le grand âge fait relativiser les choses. On peut dire qu’il s’agit d’une belle mort. Pleine d’énergie, jusqu’au bout j’entendais encore, il y a peu, une conversation politique animée entre elle et son petit-fils au téléphone. Elle avait toute sa tête, lisait beaucoup, et a eu la santé jusqu’au bout… Une belle fin de vie, qui a permis à tout l’entourage d’accepter son départ, un soir de novembre.


La cérémonie d’enterrement a eu lieu le jour de mon anniversaire. La famille a tout fait pour éviter que ce ne soit un jour glauque. J’étais à l’Eglise pour cette cérémonie d’enterrement, je n’y avais jamais assisté alors j’étais curieuse de voir comment cela se passerait. Ca s’est passé finalement comme partout. On prie pour le défunt et pour ceux qui restent. Un portrait au milieu. Un cercueil. Des gens qui pleurent, des enfants qui ne comprennent pas ce qui se passe et qui courent partout, affichant une innocence qu’on leur envie. Moi, je restai droite. Je n’avais pas vraiment d’émotions, mais je ressentais une gêne. La sensation de se sentir décontenancée tout en n’ayant pas le droit de l’être. Je me suis sentie sans cœur un moment, et puis, j’ai fini par me répéter que c’était normal vu les circonstances. Le décès d’une personne de cet âge est triste mais normal. C’était aussi ma réponse à cette culpabilité qui revenait à chaque fois que je voyais quelqu’un porter un mouchoir à ses yeux. Le seul moment d’émotion que j’ai ressenti ne concernait pas vraiment la défunte. Les larmes me sont montées quand est venu le discours de ma belle-mère. Ses mots étaient sobres, et très émouvants. Et puis, j’ai pensé « Ils pleurent une grand-mère, voisine, fidèle de la paroisse, mais elle… c’est sa mère qu’elle enterre ». C’est monté vite, comme un coup de sang, et puis, j’ai repris mon calme, parce que je ne voulais pas pleurer. Si je ne suis pas capable d’accepter une mort naturelle et heureuse, je n’arriverai jamais à affronter la vie. La journée s’est déroulée ensuite dans la gaieté avec toute la famille. Et moi, je me réappropriais peu à peu ma journée d’anniversaire. Elle n’avait pas le même goût que d’habitude, mais c’était quand même ma journée.


Le lendemain, je passais la journée dans une morosité étrange. Je ne sais pas dans quelle pochette de mon anatomie j’avais enfoui cette tristesse, mais fallait bien se l’avouer. Même naturelle et normale, même sans tragédie, de Omar m’a tuer, même à 96 ans, la mort me posera toujours problème. Toutes mes angoisses sont remontées à la surface, cette fin inéluctable, cette séparation finale. Difficile d’admettre que nous n’aurons été que des compagnons de route le temps d’une brève promenade. J’ai donc essayé de regarder Six Feet Under. Ca ne m’a pas guérie, mais ça m’a montré avec éclat que je suis loin d’être la seule dans ce cas. Et qu’il n’y a rien d’autre à dire ou à faire que de vivre, simplement. On verra bien pour le reste.


Je vous souhaite à tous de vivre donc au mieux pour 2010 avec amour, joie, santé, bonheur, et que les souhaits de chacun se réalisent.



décembre 15, 2009

Wesh Nad’in Nadine

Nadine Morano au Bal masqué ohé ohé

Wesh Na’din, c’est quoi ce délire encore ? Sérieux, t’ouvres trop ta gueule pour dire d’la merde moi je dis. J’sais bien que tu t’sens plus d’être au ministère et que tu veux trop te la raconter pour qu’on parle de toi alors que tu sers à rien, mais sérieux, faut qu’t’arrêtes t’as u. On en a trop marre de voir ta grosse gueule dans les médias. C’est quoi ce que t’as sorti ? « Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers. » La barre atomique. Mais t’as craqué ton slip c’est pas possible ma pauvre. On savait que t’avais pas un gros cerveau, mais là, c’est pas qu’il est ti-pe, c’est que t’en as pas on dirait. C’est lachouma pour toi ça. En mode Le Pen ou en mode Le pen là ? Vas-y creuse un trou, j’ai honte à ta place ma gueule. Déjà, tu veux pas qu’on parle verlan, mais toi, tu crois qu’on kiffe comment tu t’exprimes comme une facho ? Tu veux qu’on porte pas la casquette à l’envers, mais tu crois qu’on la kiffe nous ta fausse coupe en casque et tes tenues de bouffonne ? Ou quand tu te fous la honte en soirée ? Quant au truc de trouver un travail, j’te rassure, on t’as pas attendu pour en avoir un quoi. Et puis, je crois qu’on te paie ton salaire avec nos impôts histoire que tu nous sortes de la crise et du chômdu non ? Ca te dis quelque chose le Chômdu ou t’as cru que c’était le dernier Spielberg en salles ? Ma parole, tu m’fous le seum. Le truc que t’as pas compris, c’est qu’on en a rien à foutre de ta gueule et de ce que tu veux pour la France. Tu représentes le vent du nord pour nous. Alors va souffler ta haine ailleurs au lieu de nous casser les couilles. D’autant que t’as vu, t’es pas non plus un modèle de l’élégance française. Avoue ! Avoue ! Sérieux avoue.



En mode David Guetta ...

Un verre, ça va, 3 verres, bonjour les dégâts

Un verre, ça va, 3 verres, bonjour les dégâts

Nadine en soirée, c'est caliente !

Et enfin, le tube de l’hiver !


décembre 4, 2009

Salut.. tu.. vas.. bieen

Moi qui voulais vous parler d’un article tiré d’un dossier de 9 pages « La République des héritiers » publié dans la revue « Fakir » n°43, la news du jour tombe à point nommé. La voici la voilà, la nouvelle héritière de la République. Elle s’appelle Marion Maréchal-Le Pen (On tremble rien qu’en lisant le blaz), et du haut de ses 19 ans, et études de droit comme notre Prince Jean ex-Chevelu, se lance en politique dans le parti non pas de son pôpa, mais de son grand-pôpa, c’est à dire le FN. Elle hérite donc  la deuxième position sur la liste FN dans les Yvelines pour les régionales de mars 2010. C’est chou, on est certes émus de tant de méritocratie (concept inventé par les riches pour les pauvres), mais on ne va pas l’accabler ici, pour une raison simple : elle est loin d’être la seule dans ce domaine. C’est précisément le sujet brillamment abordé par Josef Kohlhaas Alexandre Arnaud et François Ruffin dans Fakir. Le contenu en intégralité est disponible en kiosque, et je vous invite à l’acheter pour soutenir ce journalisme, mais en voici ici quelques extraits avec leur aimable autorisation.



Le sous-titre ici, c’était rude concurrence Ahem.