La revue de presse de Dalyna











{mai 15, 2008}   confusion

Ces jours-ci, je ne poste plus vraiment. Pourtant, j’ai commencé pas mal d’articles… et puis je les laisse tomber, le cœur n’y étant pas. Je ne veux pas faire de ce site un endroit où je m’épanche, je l’ai davantage créé pour mettre en avant mes articles (ceux qui ne seront pas publiés). Pourtant, en ce moment, je n’ai pas envie d’écrire d’articles de société car je ressens un manque de motivation suite à une succession de petits échecs qui finissent par devenir gros dans la tête. Au début, on se dit que c’est normal, et puis chaque jour, c’est pareil, même quand on croit avoir un bon plan, finalement, c’est le retour à la case départ, et arrive ce moment où plein de doutes, on a envie de tout lâcher. Les choses ne sont pas ce qu’on croyait qu’elles seraient. Les choses ne sont pas ce que je croyais qu’elles seraient.

Je lis les histoires des autres, leurs échecs, la manière dont ils se sont trouvés, et puis leurs succès au bout. Je suis rêveuse, et j’aime me nourrir de ces parcours, ces rêves, ces désillusions qui font parfois mal, mais qui font aussi partie de la vie. Je les lis, certainement parce qu’en ce moment, je me sens un peu vidée, et que je ne sais plus quelle route il me faudra emprunter. Mon entourage est tout prêt, toujours en train de m’encourager. Leurs encouragements me vont toujours droit au cœur, mais il y a toujours ces moments où seule, je doute terriblement. J’ai toujours su rebondir et fais preuve de persévérance car je ne supporte pas d’interrompre ce que j’ai entamé. Et pourtant me vient cette envie ponctuelle de tout lâcher tant la tâche me semble rude, et tant je ne vois pas l’once d’un résultat. Ou alors, un résultat tellement infime qu’il me faudrait un microscope pour le percevoir dans le nuage de mes efforts. Je ne comprends pas. Parfois, je ne comprends plus rien.

Je suis une grande idéaliste. Si cela a toujours été un moteur, cela devient un frein lorsque je constate le fossé entre mes envies et la réalité. Ne suis-je pas assez courageuse ? Parfois, j’en arrive à tout remettre en question, à me demander si c’est réellement cela que je veux faire. Je ne sais plus ce que j’ai envie de faire et encore moins comment parvenir à mettre en œuvre un projet cohérent. J’ai beau lire, j’ai beau me renseigner, écouter, me faire conseiller, rien ne m’aide. Sans doute parce que c’est à moi et moi seule de me trouver et me forger. Mais lorsque je m’interroge, je n’entends que des bruits tellement confus que cela ressemble davantage à un énorme charabia qu’à la moindre idée cohérente.

C’est juste décevant tout ça.



{avril 28, 2008}   Erreur de casting

Youhou… Alors que je pensais avoir RDV avec une agence pour des piges culture, je me suis finalement retrouvée dans le cabinet d’un haut commissaire aux comptes dans le XVI ème… Chouette. Je me suis tout de même prêtée au jeu du test qui a duré tout de même 1h30, mais peu de chances que je me lance là-dedans. Ambiance lugubre et boulot qui s’apparente davantage au secrétariat qu’au journalisme…

Je m’étais fait un programme à la Stalone (footing, oeufs avalés crus… ). Blague à part, j’ai surtout cavalé. Lever 5h45, boulot jusqu’à 11 heures, et hop pas le temps de déj, direction le XVI, tirée à 4 épingles, comme dans les pubs Rexona, la fille qui a 15 vies en une journée. Donc, inutile de décrire ma déception une fois arrivée sur les lieux. Malgré tout, je me force à faire bonne figure, grand sourire, enthousiasme. La recruteuse en revanche, est dans un état apathique. Aucune info sur le boulot en question, ni sur le test, pas de sourire. Juste un “Je vous emmène dans la salle où vous allez faire le test, vous avez des questions ?” Euh là comme ça non, mais peut-être que si j’en savais plus sur le boulot en question, j’en aurais. Je fais le test : corriger le document, virer les fautes, et faire une lettre avec des consignes particulières. Je lui rend ma copie et elle me dit qu’elle me contactera une fois qu’elle aura corrigé. Avant de partir, je tente une question concernant le poste ou la mission ou je ne sais la raison pour laquelle je suis là : “C’est un poste à temps plein ?”. J’espère déclencher chez elle le minimum qui fera qu’elle m’en dira plus… Mais elle répond :” Oui”. Je renchéris “Et vous avez besoin de quelqu’un à partir de quand ?”. Réponse : “euh … je ne sais pas encore, cela dépend, dès qu’on a trouvé“. (Intérieurement : en mode Jacquouille : Okay !). De toute manière, je crois que je ne veux pas en savoir davantage.



{avril 21, 2008}   Plutôt Bisounours ou miss France ?

Ces derniers jours, j’ai trouvé que l’actualité a marqué par sa stupidité et son incohérence. Pendant des jours et des jours, nous avons été bassiné avec le Tibet, les manifs, les pros, les antis, des badges de toutes les couleurs et avec des slogans tous plus « Miss France-isés » les uns que les autres… Bref, j’avais le sentiment que nous assistions à un canular mondial.

Je me suis promise de ne pas évoquer le Tibet. Non pas que les droits de l’homme ne soient pas importants à mes yeux, mais je n’ai pas compris cet engouement mondial pour cette cause là, en particulier. Il faudrait que quelqu’un m’explique pourquoi. Pourquoi le Tibet, et pas la Tchétchénie où ce ne sont pas des arrestations mais des meurtres en masse qui sont perpétrés chaque jour envers un peuple qui s’éteint en silence. Pourquoi le Tibet et pas nos clochards (c’est plus sympa que d’être assimilés à un sigle) qui crèvent sous les ponts et que nous croisons quotidiennement. Pourquoi le Tibet et pas cette crise alimentaire qui va dévaster l’Afrique et l’Amérique du sud et provoquer des famines venant ruiner des années de développement.

Alors oui, le malheur n’est pas mesurable, et toutes les causes sont importantes. Je ne souhaite pas minimiser le sort des tibétains, mais quand même, je n’arrive pas à comprendre. Ce qui me semble positif est de constater que la mondialisation aura au moins permis de réunir des centaines de milliers de personnes à travers la planète se battre pour une cause commune. Néanmoins, je persiste à trouver dommage que cette énergie ait été dépensée dans cette cause là, sachant que d’autres autrement plus urgentes passent complètement inaperçues dans l’opinion. Certes, tous les combats en faveur des droits de l’homme ne sont que louables. Seulement, il y a autre chose qui me pousse à remettre en question ces soudains levers de boucliers. A écouter les commentaires des tibétains eux-mêmes, ne souhaitant ni l’indépendance ni le boycott des JO de Pékin, j’ai vraiment eu le sentiment d’assister à un gag lorsque les manifestants se sont acharnés autour de cette pauvre flamme. Comme dit Kouchner, il ne faudrait pas être plus tibétains que les tibétains. Et puis, d’une manière générale, je pense que les peuples sont assez intelligents pour mener leur propre révolution et savoir ce qui est bon pour eux. Je n’aime pas les donneurs de leçons… C’est trop facile de la jouer « terre des droits de l’homme » et d’aller faire la guerre au nom de la paix, ou encore de critiquer un régime (et son peuple au passage) au nom d’idéaux quand on ne les respecte pas dans son propre pays. Pour moi, nous ne pouvons pas dire que les droits de l’homme sont respectés lorsqu’un homme se retrouve à la rue sans avoir les moyens ne serait-ce que de prendre une douche ou de s’acheter une baguette.

En conclusion, c’est l’hypocrisie qui me dérange dans tout ce remue-ménage mondial.

D’une part, concernant les politiques. Gordon Brown s’est empressé d’annuler sa venue à la cérémonie d’ouverture, Nicolas Sarkozy demande que le Dalaï Lama ait droit à une médiation avec la Chine, et Rama Yade n’a cessé de faire des déclarations plus contradictoires les unes que les autres. Mais ce qui m’intrigue, c’est le fait que cette soudaine prise de position n’a eu lieu qu’après et seulement après les manifestations mondiales. Au début, tout allait bien dans le meilleur des mondes au pays des politiques. Je trouve cela étonnant que ce qui est devenue la pire ignominie du moment, passait il y a peu complètement inaperçue à leurs yeux. Quant aux chaleureuses poignées de mains échangées avec Khadafi, Poutine et autres dictateurs en parallèle… N’en parlons même pas.

D’autre part, il y a l’hypocrisie de RSF (qui ne connaissait rien du Tibet il y a 2 jours), et de David Douillet avec cette fabuleuse affaire de badges. Pour se dédouaner de participer à des jeux olympiques controversés, voilà qu’on propose aux sportifs de porter un badge que même les Bisounours auraient honte d’afficher. Soit, on y participe, soit on y participe pas, mais les pseudo-engagements, je pense qu’il n’y a rien de pire. Aux dernières nouvelles, le badge s’est vu refusé, et il paraît qu’ils planchent déjà sur un autre modèle. J’espère au moins que miss France n’est pas encore renvoyée.



{avril 6, 2008}   Message d’outre… tombe ?

Alors que depuis un moment, nous n’avions plus de nouvelles de Ben Laden (notamment depuis le début de la guerre en Irak), il semble ces jours-ci que le chef d’Al Qaida ait décidé de refaire parler de lui. Je ne sais pas, histoire de dire où il en est quoi…

Il y a quelques jours, son fidèle acolyte Al-Zawahiri nous conjure de nous rassurer : oui, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, chers amis, Ben Laden se porte comme un charme. Formidable… Mais le plus drôle, ce fût sans doute la vidéo sortie le 20 mars dernier. Décor : une image arrêtée de Ben Laden, kalachnikov en main avec en bruit de fond Oussama (ou bien une voix, au choix) déclarant que l’Europe devra payer pour les caricatures de Mahomet. Si je ne m’abuse, ces faits remontent à septembre 2005… Bon, il ne nous manque plus qu’à attendre la vidéo où il revendiquera les attentats du 11 septembre.

Que Ben Laden soit mort ou vivant, finalement, chacun son point de vue. C’est vrai après tout, peut-être que les Etats Unis, qui détiennent le réseau de renseignements et l’armée les plus fortiches du monde n’arrivent pas à mettre la main sur un pauvre homme retranché dans ses montagnes depuis des années. Peut-être après tout. Mais le plus intriguant dans tout cela, c’est que ces nouvelles nous sont livrées chaque fois par les journalistes avec certitude. On nous dit que Ben Laden va bien, qu’il nous donne de ses news… et là, ils nous mettent une vidéo datant d’il y a 107 ans. Alors soit c’est la même photo depuis 7 ans, soit j’aimerais bien connaître la marque de la crème antirides de Ben Laden. Ou bien, peut-être que le fait de vivre dans une grotte, puisque c’est là qu’il est censé vivre depuis 7 ans, ça maintient en forme. Personne ne s’interroge de savoir si c’est véritablement lui qui s’exprime, ou ne s’étonne de ne voir aucune preuve venant étayer cette hypothèse. Non, c’est : Et voici des nouvelles de Ben Laden dans une vidéo qui dit que… Si vous le dîtes.

Peut-être aussi que certains ont intérêt à ce qu’il soit en vie. C’est vrai, qui plus que lui incarne en Occident le Mal ? Et puis, tant qu’il est en vie, ben… c’est qu’il faut combattre. Je ne sais pas vous, mais moi, y’a quelqu’un qui m’a dit que… l’Iran développe l’arme nucléaire.



{mars 17, 2008}   La faim pour défendre la fumée

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crédits photo : Linda Zenati

 

Il s’appelle Abdel El Ahmer, patron du « Houara Lounge », un salon à narguilé à Paris, et totalisera d’ici quelques jours un mois de grève de la faim. « J’ai quelques vertiges le soir, mais l’essentiel est d’avoir le moral », confie t-il, installé sur une banquette de son salon oriental, où il a élu domicile jusqu’à ce qu’il se fasse entendre. Ses revendications ? Sauver son commerce et défendre la liberté des fumeurs de narguilé en France. En effet, depuis le nouveau décret de la loi anti-tabac qui interdit la possibilité de fumer dans les lieux publics, les patrons des salons à narguilé (et non pas bars car ils ne disposent pas de la licence IV permettant de vendre de l’alcool) n’ont vu s’offrir à eux que deux possibilités : mettre la clé sous la porte, ou transgresser sous peine de récolter des amendes. « Ce type de commerces n’étant pas reconnu, nous n’avons pas droit à des indemnités. Or, j’ai investi des centaines de milliers d’euros que je rembourse par crédit à hauteur de 1 400 euros par mois. Comment vais-je faire pour rembourser ? ».

L’activité du salon, situé dans le XIVème arrondissement, se poursuit. Malgré le risque d’amendes, quelques habitués continuent de venir se détendre en ces lieux. L’un d’eux, Stéphane, 19 ans, soutient Abdel dans son combat. « Je trouve cette loi inadmissible. Des patrons comme Abdel ont travaillé toutes leurs vies pour investir dans ces salons et se retrouvent ruinés au final. Ce sont les PME qui relancent l’économie en France, et au lieu de les aider, on leur met des bâtons dans les roues ». Le jeune homme affirme militer de son côté, notamment en se rendant à des manifestations organisées par l’Union des professionnels du narguilé (UPN), qui tente depuis des semaines d’obtenir un rendez-vous avec le Président de la république. En vain.

Quasiment méconnus il y a dix ans, il existe aujourd’hui près de 800 salons à narguilé dans toute la France, dont la moitié se situe à Paris. « J’ai ouvert ce lieu en 2005. A l’époque, nous ne savions pas que la loi anti-tabac évoluerait de cette manière. Et puis, nous ne nous sentions pas concernés, sachant qu’il s’agit de fumoirs ». Lorsque le nouveau décret fût adopté il y a un an, les salons à narguilé se sont trouvés plongés dans un flou administratif jusqu’au 1er janvier 2008. Suite aux nombreux appels au Ministère de la santé, au commissariat du XIVème arrondissement de Paris ou encore à l’Elysée, Abdel se retrouve avec différents sons de cloches : « On m’a tout dit… M’établir en club privé, fermer les rideaux pour éviter les délations… Et lorsque j’ai finalement décidé de transformer le salon en club privé, on m’a affirmé qu’il fallait 15 ans d’ancienneté pour que cela soit possible ». Une seule solution s’offre à lui : continuer son activité mais sans proposer de chichas aux clients. « Cesser de proposer des narguilés à la clientèle ? Mais ils représentent 90 % de mon chiffre d’affaires ! Sans sa commercialisation, nous en sommes réduits à gagner une vingtaine d’euros par jour. Le mois dernier, j’ai même dû emprunter de l’argent à ma belle-mère pour payer le loyer », ajoute t-il. Christine El Ahmer, épouse d’Abdel, reçoit les clients et leur prépare boissons et narguilés. Elle a démissionné de son poste d’assistante dentaire pour soutenir son mari, qui ne peut plus travailler compte tenu de son état de santé. Malgré le statut quo, Abdel ne perd pas espoir, et ne veut pas envisager une issue autre qu’une négociation avec le chef de l’Etat. « Je suis confiant. Monsieur Sarkozy est un homme de cœur, et je pense qu’il va bouger pour nous ». A bon entendeur.

 

Linda Zenati



{mars 10, 2008}   Attention : vivre vous tuera

Le curieux magazine curieux « Le Tigre » publie un dossier très intéressant sur « Les dérives de la politique de santé publique » dans le numéro Mars-Avril qui vient de paraître. Enfin un point de vue critique sur la dictature des 5 fruits & légumes par jour, fumer tue, traverser la route sans regarder tue etc. Toutes ces recommandations font désormais tellement partie de notre quotidien que plus personne ne les remarque ou presque. Pire encore, au nom de la santé, malheur à celui qui ose seulement tenter de nuancer la pensée dominante (et unique) sous peine de se voir balancer à la minute le dernier rapport de l’OMS.

Quelques extraits :

« Avant, le fumeur fumait. Aujourd’hui, le fumeur sort un paquet avec écrit « fumer tue ». Pendant ce temps-là, le consommateur regarde des publicités pour des rillettes sous lesquelles un bandeau lui conseille de manger des pommes et des carottes. Là est la vraie rupture, qui sous-tend le reste. Le fait que nous soyons tous des victimes de nos assassins en puissance, ou nos propres assassins, nous les grignoteurs, nous qui mangeons trop ceci ou trop cela. La politique sanitaire a trouvé un maître mot : la culpabilisation (pardon, la responsabilisation) de l’individu. Manière discrète pour l’Etat de se délester de ses propres responsabilités : le contrôle des aliments en amont de l’assiette ou des poumons du citoyen ».

« Il est interdit de fumer ; fumer tue, or fumer est permis. On appelle cela un sophisme. Sauf que l’erreur de raisonnement ne se situe pas dans la conclusion, mais dans la phrase : fumer tue. Car non : fumer ne tue pas. D’ailleurs, les fumeurs espagnols savent, eux, que fumar puede matar : fumer peut tuer ; un fumeur peut mourir d’avoir fumé. L’Etat français a fait fort : il a enlevé le caractère hypothétique de la relation. Fumer tue, une fois pour toutes… J’entends déjà crier les convaincus de la nouvelle morale : mais quand même, ça tue ! C’est la première, énième cause de mortalité ! Cet argument est irrecevable. Car il faudrait alors stigmatiser en grandes lettres, avec autant de naïveté et de véhémence, les autres causes de mortalité. L’exposition abusive aux rayons du soleil multiplie par x les risques du cancer ? Bronzer tue ».

« Reste un dernier point, polémique, peu abordé. Ce point a été écarté d’un revers de main à l’Assemblée nationale. Il s’agit du transfert des addictions, c’est-à-dire la question de savoir si quelqu’un qui arrête de fumer se reporte sur l’alcool, ou sur la nourriture. La logique voudrait en effet qu’un geste qui a une fonction sociale, ou une fonction psychologique certaine, doive être remplacé par quelque chose d’autre. Cas favorable : j’arrête de fumer, je fais du sport, je me sens mieux, mon stress est évacué dans un nouveau plaisir, cas défavorable : j’arrête de fumer, c’est dur, c’est la déprime, je vais voir mon généraliste, il me prescrit un patch, ce n’est pas suffisant, il me prescrit des anxiolytiques ou des antidépresseurs. Sujet hautement tabou ».

Dossier coordonné par Laetitia Bianchi, le Tigre, numéro 24, mars-avril, 6,80€

http://www.le-tigre.net/

 

La suite en Kiosque ! Par ailleurs, sachez que Les responsables du magazine Le Tigre seront présents au salon du livre de Paris qui se tiendra du 14 au 19 mars sur le stand G65 de la région Île-de-France.



{février 28, 2008}   La France a peur

Chaque jour, c’est le même rituel pour la majorité des français. A peine levé ou dans les transports que l’on tente de s’informer sur ce qui se passe dans le monde : journaux, télé, web… Chacun sa méthode. Et en retour, nous trouvons également ce même automatisme des infos divulguées à la chaîne, rarement analysées ou contextualisées. Résultat : panique à bord.

Ainsi, dans l’édition de ce matin, le Figaro* nous en annonce une bien bonne, enfin… une bien mauvaise : en moyenne 60 enseignants par jour seraient victimes de violences. Petite précision : pour bien faire passer un message, rien de tel qu’un bon chiffre qui sort de nulle-part, histoire de l’appuyer. Les chiffres, c’est sympa, ça fait scientifique, ça fait je-maîtrise-mon-sujet, du coup, on est crédible. Le problème, c’est que souvent, ils ne veulent rien dire et que nous pouvons en tirer n’importe quelles interprétations.

La première question à se poser, c’est d’où proviennent-ils ? Dans le cas du Figaro, ces chiffres proviennent de l’Observatoire national de la délinquance. Il faut savoir que cet institut a été créé en 2003 par Nicolas Sarkozy himself. A sa tête, un conseil d’orientation qui décide des études et recherches à mener (y compris celles du ministre de l’Intérieur). Dans un climat de « tolérance zéro » et de principe de précaution, nous nous doutons bien que le ministère de l’Intérieur ne risque pas de leur commander une enquête sur les bienfaits du cannabis. De plus, à la tête de ce fameux conseil d’orientation figure un certain Alain Bauer, qui n’est autre que le PDG d’AB Associates, une société de conseil en sécurité. Bonjour l’indépendance. Là encore, on ne s’imagine pas d’un patron d’une société dont le fond de commerce est la sécurité nous dire que la France est un havre de paix. Et pour cause… Si la France est un havre de paix, sa société coule purement et simplement. L’intérêt est donc simple : faire peur.

Faire peur pour des intérêts financiers, mais aussi pour mieux faire passer les lois. C’est tout de même drôle que cette enquête (dont je n’ai trouvé aucune trace sur internet malgré mes longues recherches) arrive au même moment où se déroule le procès du dramatique incident qui a coûté 7 coups de couteau à une jeune professeure de dessin. Alors soit les membres de l’OND sont particulièrement intuitifs, soit ils ont calculé au jour près la date possible de l’ouverture du procès pour nous balancer leur enquête au moment T. Ces enquêtes sont donc loin d’être innocentes.

De toutes les manières, je trouve vraiment regrettable qu’il soit impossible d’en obtenir les détails. Il est annoncé 24 329 faits recensés en un an, dont 2275 sont des violences sans armes. Qu’est-ce qu’un fait ? Qu’est-ce qui est considéré comme une « violence » dans cette enquête ? Une insulte ? Un retard ? Le refus de livrer son carnet de correspondance ? Entre le coup de couteau et le soufflement d’agacement, tout le monde conviendra de dire qu’il y a un monde. Soit, on dit tout, soit on ne dit rien. De plus, j’aimerais bien savoir comment ces chiffres ont été recueillis. Uniquement sur les sources de la police ?

Seuls les chercheurs indépendants, ne défendant pas des intérêts personnels, politiques ou financiers, devraient être habilités à faire des enquêtes de ce type. Laurent Mucchielli, sociologue et directeur du Cesdip (Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales) et spécialisé en sociologie de la déviance l’explique très bien dans l’un de ses livres.* Effrayer toujours… pour mieux proposer des solutions derrière : plus de caméras de surveillance dans les écoles ? Des flics dans les bahuts? Un check point à l’entrée des écoles avec passage des cartables au laser ? Qui sait ce que les sociétés de sécurité nous concoctent pour demain. Et ce genre d’enquêtes n’existe que pour mieux préparer le terrain. La peur agit directement sur la raison, elle fait tout accepter. Pour preuves, Sarkozy en a été élu et Le Pen lui doit carrément les joies du second tour.

 

* http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/02/28/01001-20080228ARTFIG00018-soixante-profsagresses-chaque-jour.php

* Violences et insécurité, fantasmes et réalité dans le débat français, par Laurent Mucchielli aux Editions La Découverte, Paris, 2002.



{février 18, 2008}   Coup de filet à Villiers-le-Bel… de journalistes ripoux

Me levant très tôt, je débute toujours ma journée sur la première édition des infos en continu sur les chaînes câblées. Ce matin, c’était à frémir lorsque le JT de LCI s’ouvre sur ce titre : « SPECTACULAIRE opération de police en ce moment même à Villiers-le-Bel : plus de 1 000 policiers, dont le RAID et la police judiciaire de Versailles, sont sur les lieux pour arrêter les délinquants ayant tiré sur des policiers en novembre dernier ». Si le journaliste qualifie ce coup de filet de « spectaculaire », le téléspectateur est en droit d’attendre des images pour le prouver. Or, après s’être enflammé, les seules images qu’il nous propose sont celles des émeutes datant de novembre dernier. C’est la même chose chez BFM : que des images d’archives. Pourtant, ce ne sont pas les caméras qui manquent… Car à la différence du journaliste de LCI, celui de BFM TV a quand même la présence d’esprit de préciser un élément non négligeable : les journalistes ont été prévenus sans relâche ce week-end de l’action future des policiers. Tant et si bien qu’une armada de journalistes se trouvaient sur les lieux au moment même où le journaliste veut nous faire croire qu’il détient le scoop du siècle. Nous pouvons en déduire plusieurs choses : non seulement il qualifie un évènement de « spectaculaire » sans savoir de quoi il s’agit et en ne se reposant que sur les dires de la police. De plus, il ne dit pas que c’est une opération ultra médiatisée et orchestrée par la police. Enfin, il décide d’ouvrir son journal là-dessus, avant l’indépendance du Kosovo tout de même (France Culture a pour sa part consacré une phrase en fin de journal sur Villiers-le-Bel).

C’est beau le journalisme parfois. En même temps LCI, c’est TF1, et TF1, on sait qui est derrière. Et les municipales approchent à grand pas… Rien de tel qu’une bonne intervention de la police histoire de récupérer un électorat qui s’étiole peu à peu à en croire les sondages. C’est grâce à ce type d’action que le président s’est fait élire. Aux dernières nouvelles, toujours sur BFM TV, Michèle Alliot-Marie déplore la sur-médiatisation de cette action. On veut vraiment nous faire gober qu’elle n’était pas au courant… C’est mignon.

S’il est aisé de comprendre qu’un parti politique agisse de cette manière, de la part de journalistes sensés être le plus objectifs possible, cela devient vite choquant. Les journalistes existent pour informer les populations, non pas pour désinformer. Loin de moi l’idée de défendre les jeunes qui ont tiré sur des policiers, mais plutôt que de s’exciter sur l’aspect spectaculaire de ces descentes à la Starsky et Hutch, peut-être serait-il plus judicieux de s’interroger sur le sens de ces actions, et la manière dont elles se déroulent. 1 000 policiers pour arrêter 33 personnes. Personnellement, je me demande comment il est possible de désigner les auteurs de tirs durant des émeutes. Parmi les personnes qui devaient être interpellées, l’une d’entre elles étaient décédée*, et la famille du jeune homme mort en novembre dernier (et qui avait déclenché les émeutes à Villiers-le-Bel) aurait été contrôlée dans le but d’interpeller le frère du défunt (reportage BFM TV, avec le maire de Sarcelles présent chez la famille). Quant à l’enquête concernant la mort des deux jeunes, c’est le point mort. Tout le monde s’accorde sur la difficulté du métier de policier et la haine qu’ils peuvent recevoir de certains jeunes. Mais quand on sait que deux jeunes personnes sont mortes sans explications (la thèse de l’accident est immédiatement conclue par les « enquêteurs »), il ne faut pas s’étonner de la suite des évènements. La violence engendre la violence, et la loi française doit être la même pour tous, qu’on soit assermenté ou pas.

* http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080218/tts-france-police-villiers-ca02f96_3.html



{février 12, 2008}   Un racisme (extra)ordinaire

Je voudrais aborder un sujet très important pour moi, mais en même temps, je ressens un certaine réticence à le faire. Cela provient de la façon dont pourront être interprétés mes dires. Pourtant, je vais tout de même m’essayer à cette tâche car cette situation me prend aux tripes. Cet article me vaudra sans doute des critiques, mais qu’importe, chacun en pensera ce qu’il voudra, l’essentiel étant pour moi de livrer ce que j’ai sur le cœur.

Tout le monde connaît le racisme de base, bête et méchant, qui pousse une personne à en haïr une autre non pas pour ce qu’elle fait, mais juste pour ce qu’elle est. Dans nos sociétés occidentales, les premières victimes sont souvent des personnes de couleur ou ayant des origines maghrébines, turques, tsiganes et autres… En bref, les personnes d’une autre confession et/ou d’une autre couleur de peau que l’image immaculée du blanc. Avant de poursuivre, je tiens à insister sur le caractère nauséabond du racisme en général, qui est et demeure pour moi ce qui existe de plus détestable chez l’Homme, puisqu’il a inspiré les pires horreurs que l’Humanité ait connue : l’esclavage, la colonisation, la shoah, et la plupart des guerres que le monde connaît.

Cela étant dit, en parallèle de ce racisme là, il en existe un autre dont personne ne parle jamais. Disons que cela n’est pas politiquement correct et que nous nous imaginons sans doute à tort que le simple fait de le mettre en lumière risquerait de faire de l’ombre au « racisme traditionnel » que nous connaissons tous, c’est-à-dire du blanc envers le noir. Or, il en existe une autre forme. Je n’irais pas jusqu’à reprendre l’expression « racisme anti blanc » dont nous avons été bassinés à l’époque des manifestations anti CPE, mais c’est tout comme.

Je suis d’origine berbère. Mes deux parents viennent de Kabylie, une belle région de l’Algérie. Mes deux grands pères ont travaillé près de quarante ans en France et mes parents sont arrivés ici dans les années 70. Ma fratrie et moi sommes tous français. Nous avons été éduqués dans des valeurs de respect de l’autre, de tolérance et d’honnêteté. Il y a souvent quelque chose de très droit chez les kabyles, réputés pour éduquer leurs enfants à la dure. Pour eux, mieux vaut trop honnête que pas assez.

Aujourd’hui, j’ai 27 ans et j’ai rencontré l’homme de ma vie en la personne d’un français dit de souche. Si dans nos familles, cela a été bien accepté, étrangement nous subissons en revanche de la part d’inconnus des pressions incompréhensibles et désagréables au quotidien. C’est devenu une routine : quasiment à chaque balade, des regards noirs de haine dans notre direction et des phrases insultantes à mon égard, la « pute » qui sort avec un français. Vous l’aurez compris, ces regards inquisiteurs proviennent des premières victimes du racisme en France, de celles qui si souvent s’évertuent à dénoncer cette abomination mais tout en agissant de la même manière en retour : des arabes ou français d’origine arabe. Ils ne tolèrent pas de voir un blanc « voler » une femme de leur tribu. Sauf que nous ne sommes ni de la même tribu, ni de la même espèce. Je n’ai rien de comparable de près ou de loin avec ce type d’individus et leur mentalité.

Parfois, ils ne se contentent pas de nous regarder de travers. En effet, ce 31 décembre 2007, cela a bien failli dégénérer. Alors que mon ami et moi nous dirigions tranquillement vers la gare rejoindre des amis pour réveillonner, deux individus croisent notre route. Si mon ami m’affirmera plus tard avoir croisé leurs regards emplis de haine à notre égard, personnellement je ne les ais même pas vus… Du moins, jusqu’à ce que l’un d’eux me glisse à l’oreille un vulgaire « grosse pute ». L’espace d’une seconde, j’ai l’impression d’avoir halluciné tant cette insulte me choque profondément et me semble totalement injustifiée. Je me retourne et là, je m’aperçois que ce n’est ni un délire ni une erreur. Le grossier personnage se retourne également, affichant un visage plein de mépris à mon égard. Je le vois s’agiter dans tous les sens et même si je n’entends pas ce qu’il dit car il s’éloigne, je devine bien que ce ne sont pas des mots doux. Blême, et bien qu’étant blessée de cette violence gratuite, je poursuis néanmoins ma route, accrochée au bras de mon ami qui est tout aussi outré. Tout en avançant vers l’escalator, je peine à me calmer. Je me retourne une dernière fois, et là, il me fait carrément un bras d’honneur. Intérieurement, je brûle et je ne peux plus contenir. Je lui hurle que s’il a un problème, qu’il vienne me le dire. Prenant un air de Rambo, il accourt vers nous pensant sans doute que la panique allait nous gagner et que nous allions vite décamper. Or, je ne bougerais pour rien au monde après ce que j’ai entendu. Enragée par l’insupportable injustice dont nous sommes victimes, et sous l’emprise d’une force inébranlable, je suis prête à lui rentrer dans le lard, qu’il souffre, qu’il meurt sur le champ. Impossible d’oublier et de tracer ma route après ces propos. Arrivé devant moi, nos visages se touchent quasiment, et il m’explique alors dans une rage non contenue ce qui me vaut cette charmante insulte : « Tu sors avec un français, t’es une pute, tu te fais baiser… ». Formidable. Ne maitrisant visiblement pas la langue française, je devine qu’il vient tout juste de débarquer. En revanche, les insultes et les obscénités n’ont aucun secret pour lui. Cela fuse, et très vite, je le rejoins dans cette surenchère. Je lui hurle mon dégoût et je l’insulte à mon tour. Après quelques péripéties qu’il est inutile d’énumérer, il repartira finalement comme un il est venu, c’est-à-dire un chien galeux étouffé de frustration. Il mimera du bas de l’escalator des gestes sexuels, et pour le faire éclater de rage, je conclus en lui confirmant que c’est bel et bien ce que je ferais à mon mec que cela lui plaise ou non.

Cet épisode n’a pas gâché ma soirée, mais il m’a réellement perturbée et continue de me revenir en tête lorsque je m’aperçois de jour en jour que ce n’est pas une anecdote isolée, loin de là. Samedi dernier encore, nous croisions deux personnages qui nous regardent de travers et qui, arrivés à notre hauteur, expriment un provocant « les meufs comme ça… ». Si dans le cas précédent, cela concernait un étranger, cette fois-ci, ce fût bel et bien un français d’origine maghrébine. Et cela continue, encore et encore…

Je ne peux exprimer la révolte qui est en moi dans ces moments là. On me condamne parce que j’aime un homme d’une autre origine que la mienne. Je ne me retrouve pas dans ces mœurs et je suis choquée que cela arrive en France en 2008. Si j’ai hésité à poster sur ce sujet, c’est parce que je suis bien consciente que ces histoires sont les plus propices à être récupérées par les fascistes, quels que soient leurs bords : voilà une histoire qui régalera à la fois Le Pen et Sarkozy qui assimilent tous les étrangers à des personnes ne souhaitant pas s’intégrer, comme les extrémistes islamistes proches du discours des horreurs qui croisent ma route au quotidien pour me taxer de « fille qui renie ses origines ». Je renierais mes origines parce que je veux dire la vérité ? Au contraire, je les aime trop pour accepter qu’elles soient assimilées à des comportements pareils, et les dénoncer me semble aujourd’hui plus qu’urgent. Quant à la thèse de Le Pen qui voudrait associer ces comportements à un problème culturel est d’une débilité profonde. Ma famille et la majorité des personnes d’origine étrangère qui vivent en harmonie avec les autres en sont la preuve. Il ne s’agit pas pour moi de stigmatiser les maghrébins, mais je ne veux pas me taire, même s’il s’agit d’une minorité.

Car cette minorité commence à prendre de la place malgré tout. Cela devient lassant de se voir agresser jour après jour par des inconnus au comportement intolérable. Quand je pense que des familles africaines ou kosovares se font expulser alors qu’ils ne demandent qu’à vivre en paix en France, et que d’autres jouissent de la nationalité française mais sont des fascistes en puissance, cela me fait froid dans le dos et m’inquiète sur l’avenir de la France. Je suis outrée en tant que citoyenne de ce pays, et en tant que femme aussi. Car voyez-vous, dans mon entourage moult hommes d’origine maghrébine sortent avec des françaises, mais curieusement, eux ne se voient jamais critiqués par les badauds. Il semble que la mixité soit tolérée d’une part, mais pas de l’autre. Evidemment. Lorsque c’est un homme, on félicite le tombeur qui a su s’attirer les faveurs d’une bourgeoise, mais dès lors qu’il s’agit d’une femme, qu’on la pende sur la place publique cette fille de petite vertu ! Autre chose : ces multiples agressions dont nous sommes la cible met en lumière également la grande lâcheté de ces auteurs. Dans l’imaginaire collectif, un français est un homme peu violent, calme et bien élevé. Donc, lorsqu’ils me voient avec mon ami, ces mecs ne se privent pas de montrer leur hostilité, ne craignant rien en retour. En revanche, si à mes côtés figurait un noir, davantage réputé pour avoir le sang chaud, bien qu’ils seraient sans doute doublement choqués de cette union, je suis convaincue qu’ils réfléchiraient à deux fois avant d’agir. Même si tous ces stéréotypes sont stupides, je les cite non pas comme des références, mais simplement parce qu’hélas, les gens agissent souvent en fonction de cela. Surtout les lâches.



{février 6, 2008}   Obama casse la Baraque

Selon un sondage CSA/Le Parisien*, 38% des Français voteraient pour Barack Obama lors des primaires contre 36% pour Hillary Clinton. Peut-on déduire d’un réel plébiscite pour le candidat métis ? L’écart semble un peu faible pour cela. Toujours est-il que ces chiffres interrogent. Comment expliquer que de l’autre côté de l’Atlantique, les choses paraissent toujours plus glamour, plus belles, bref plus acceptables ? En effet, quand on sait qu’en France, les personnes noires ou qui portent des noms à consonance trop exotique se voient si souvent refuser un simple travail ou logement, comment peut-on croire qu’un président noir pourrait se faire élire en France ? Ou alors cela signifie t-il simplement que nous devenons incroyablement tolérants dès lors que nous ne sommes pas touchés directement ? “Fais ce que je dis, pas ce que je fais” en somme.

Surtout s’il s’agit des Etats-Unis. Car le pays du “rêve américain” inspire tant et tellement les foules que tout ce qui vient de là bas est tantôt reçu avec admiration, tantôt avec un mépris inconsidéré. Au point que le charismatique Obama fait oublier sa couleur de peau à un peuple qui vient d’élire un président tellement à droite qu’il frôle son extrême. Au point également de juger à tout va sans prendre le temps de balayer au préalable devant sa porte. Ainsi, ce matin, au cours d’un débat sur France Culture*, l’une des journalistes se hérisse lorsqu’Olivier Duhamel affirme que « nous sommes tous américains ». Elle explique cette réaction épidermique par le fait qu’il y a tant d’inégalités aux Etats-Unis qu’elle ne se reconnaît pas dans ce pays. L’invité John Rossant, ancien directeur de la rédaction de Business Week en Europe et Vice-président du groupe Publicis, rebondit en lui demandant si la situation dans les banlieues lui dit quelque chose. Elle rétorque alors que les inégalités en France sont bien moindres que celles constatées aux USA. C’est sûr qu’entre le petit mec qui vit en HLM à Sarcelles et celui du 15ème à qui papa-maman paye la dernière école de commerce à 10 000 euros l’année, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

L’émission s’achève sur un rapide portrait du sénateur de l’Illinois, et il est rappelé que Barack Obama a rencontré des difficultés car son père kenyan était soupçonné d’avoir été musulman. Soupçonné. Comme un fait honteux, une tare, un crime. Comme quoi, au-delà du glamour et des cultures, une seule chose demeure hélas internationale : la peur de l’autre.

 

 

LZ


* http://www.mon-sondage.com/Sondage/69/38-des-francais-donnent-leur-voix-a-obama.html

* http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/

 



et cetera